lundi, 01 février 2010
problématicité relative de l'inertie
Aujourd'hui, et depuis quelques temps, je n'ai plus du tout d'inspiration.
Genre, du tout.
J'aimerais pouvoir écrire à nouveau une longue et passionnante note, comme ici par exemple. Qu'on lirait avec une avidité teintée d'appréhension à l'idée qu'aux derniers mots, il faudra patienter un nouveau mois pour l'occasion de tomber sur une nouvelle note.
Pourtant... Non seulement je n'ai pas d'inspiration, mais j'ai également enlevé certaines notes dont je n'avais plus grand chose à faire. Certaines me rappelaient que j'ai été vraiment trop irraisonnable dans mes rapports sociaux avec quelques garçons, et d'autres m'indifféraient totalement comme celle sur mon ancienne coloc. Rapidement après cette note-là, je suis passée à autre chose. Je sais que je m'attirerai les foudres de bien-pensants et autres faux-modestes, mais je ne suis pas rancunière et et ma vie a par la suite été trop palpitante pour m'attarder sur des détails aussi insignifiants.
Mais pourquoi? entends-je de vos cris désespérés dignes de fans fidèles dans l'attente terrible d'un nouvel épisode de l'Amour est dans le pré. Pourquoi mon génie m'a-t-il abandonnée ainsi? Pourquoi un tel manque d'enthousiasme dans la narration de ta vie si génialissime?
J'arrête là les qualificiations positives à outrance.
La réponse est double, et simple, vraiment. Déjà, je n'ai pas les mots pour raconter la merveilleuse histoire que je vis en ce moment; à moins de divaguer romantiquement à l'aide du ridicule champ lexical de l'amour ardent. Ensuite, mon blog est avant tout un espace où j'avais envie de raconter mes petites aventures de manière amusante, afin de compenser un certain manque de confiance en moi. Evoquer quelques-uns de ces épisodes sentimentalo-nuls soulageait mon esprit. Alors qu'aujourd'hui, parler de MPC, de choses telles que ma rencontre avec ses parents ou la passion qui m'habite à son égard, serait trop nouveau pour moi et je m'en sentirais un tantinet trop risible. Et tout ceci n'a pas le même intérêt.
Toutefois, ce blog ne ferme pas. L'inspiration reviendra, c'est évident, et peut-être m'ouvrirai-je très sérieusement à d'autres sujets que la simple réduction de ma vie aux garçons que j'ai fréquentés...
En même temps, je dis ça, mais si ça se trouve, je reviendrai demain pour vous écrire une nouvelle note de folie. Qui sait?
10:06 Publié dans galantes fantaisies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 10 janvier 2010
la fille qui jubilait
Lecteurs, lectrices,
Aujourd'hui et depuis une dizaine de minutes, comme le dit mon titre avec force et conviction, je triomphe.
Il y a une raison claire pour cela, et ce n'est pas le manteau neigeux qui recouvre soigneusement le jardin coquet de mes parents depuis quelques jours (instant fleur bleue terminé).
Je sais que vous mourrez d'envie de savoir pourquoi. Oui, littéralement.
Mais je ne l'exprimerai pas ici, malgré l'envie qui m'y incite, telle une jeune fille irresponsable devant une cinquantième paire d'escarpins noirs. Déjà, je serais qualifiée d'égocentrique narcissique, ou bien de conne, tout bonnement. A propos ou non, j'ai décidé récemment de n'en avoir strictement rien à faire; je ne ferai jamais l'unanimité, auprès du peuple des gens et cela m'est totalement égal. Ensuite, les moyens d'obtention de ce truc peuvent être, à défaut d'illégaux, criticables. Et enfin, le déclarer, sur mon modeste blog comme ailleurs, ne servirait qu'à réduire la ponctuelle autosatisfaction qui coule dans mes veines en cette belle matinée.
Ce qui serait fâcheux.
...
Outre ce détail amusant expliquant quelques autres détails à qui le(s) connaît, ma vie est fort agréable, en ce moment.
1°) Je sors avec MPC, que je pourrais surnommer LMQPQTLFA pour le mec quasiment parfait que toutes les filles attendent. Là, je dois vous signaler que si je précise "presque", c'est probablement pour ses défauts que je n'ai pas encore trouvés. Il est d'une extrême attention à mon égard, d'une imagination fertile, d'une galanterie chevaleresque et d'une tendresse presque culpabilisante.
Je suis tellement amoureuse de lui que je me sens parfois aussi bête que Bébé quand elle porte des pastèques devant Johnny.
Je n'ai aucunement envie de le tromper/quitter/abuser de sa gentillesse/autre idée totalement repoussante.
Je préfère ne même pas penser à mon probable départ en février ou mars, de peur de réaliser que je ne pourrai plus le voir souvent et qu'il me manquera atrocement.
Bien sûr, il ne sera pas le seul à me manquer. Mais ma famille restera toujours ma famille, même si je ne rentre plus le weekend profiter de leurs réserves de nourriture/lave-linge/grande maison leur compagnie. Et l'amitié est supposée perdurer malgré la distance et les légers différents qui peuvent naître; mes vrais amis, ceux qui l'ont compris, le resteront.
2°) Mes examens sont terminés et se sont plutôt bien passés. Evidemment, je suis en droit et je garde en tête le fait que je peux tout de même les avoir totalement ratés sans même m'en rendre compte... J'ai fait ce que j'ai pu, les dés sont lancés, advienne que pourra, alea jacta est. Je vais sans doute profiter de mes longues vacances pour me lancer dans de saines activités telles que les soirées alcoolisées la lecture ou le shopping la sieste.
3°) Je suis moins inconséquente et inconsciente que je l'ai été, fort heureusement pour moi. La maturité m'a gagnée contrairement à d'autres.
4°) C'est les soldes et ma joie devient frénétique, presque hystérique, à cette seule pensée. L'argent de Noël ne va pas faire long feu.
12:24 Publié dans agglomérat philosophique, galantes fantaisies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 03 janvier 2010
où un bilan de ma vie s'impose
Dans deux jours, j'aurai 21 ans.
21 ans. L'âge fatidique, celui que j'appréhendais depuis mes quatorze ou quinze ans, parce qu'il sonne comme la fin du début. Pas encore le début de la fin, mais je ne serai plus vraiment une jeune. J'ai l'impression d'avoir passé mes dernières années à ne pas penser à mon avenir, à celle que j'allais bien pouvoir devenir. J'ai des projets dans la tête qui ne se réalisent que très rarement... J'ai des rêves inatteignables qui ne me font même plus rêver, en fin de compte.
Et en 21 ans, j'ai terriblement changé.
J'étais une petite fille puis une collégienne très timide. Je le suis encore, en vrai, mais je ne pense pas que mes amis me décriraient ainsi.
En plus d'être timide, j'étais très pessimiste, renfermée, et je n'étais pas vraiment heureuse. Difficile de se trouver, parmi six enfants dont trois cousins, et un père trop absent. Nous n'étions que deux filles pour quatre garçons, et ma soeur était tellement masculine qu'elle était plus proche d'eux que de moi. Les familles nombreuses peuvent être heureuses, je ne dis pas le contraire; les circonstances dans ma propre expérience ne me permettent pas de clamer que j'étais épanouie ni équilibrée, c'est tout. Je m'entendais bien avec le reste de la famille mais toujours j'étais exclue.
Je ne m'appitoie pas sur mon sort du tout, mais je constate que si je n'avais pas été à part, dans mon enfance et le début de mon adolescence, j'aurais peut-être eu des relations beaucoup plus saines avec les gens, et particulièrement le sexe masculin. Ne pas vouloir plaire et sentir qu'on m'apprécie, sans arrêt. Si je n'avais pas du être aussi sérieuse, peut-être qu'aujourd'hui je ne serais pas aussi inconséquente, voire inconsciente.
Voilà pour l'instant nostalgiquo-ridicule, genre je me psychanalyse sans rien y connaître.
Et aujourd'hui, j'ai envie de tirer un bilan de ma vie. Dans ma courte existence, je pense que j'ai vécu pas mal de choses, en fait, positives ou non.
J'ai eu des amis que j'ai perdu de vue, d'autres que j'ai retrouvés plus tard. J'ai rencontré des gens remarquables, avec qui ça a collé ou non.
J'ai été amoureuse, plusieurs fois. D'un type bien, d'un type moins bien, d'un mec totalement inaccessible, d'un gay, d'un véritable enfoiré...
J'ai cru que j'étais amoureuse sans l'être, trop souvent, juste parce que j'avais besoin de penser à quelqu'un.
Je suis sortie avec beaucoup de garçons. J'en ai embrassé beaucoup, j'ai fréquenté de plus près un certain nombre d'entre eux. J'ai donné mon numéro de téléphone sans réfléchir et j'ai supprimé des tas de personnes de mon répertoire.
J'ai sauté une classe, et puis j'ai redoublé un semestre.
J'ai eu mon bac très largement, puis je me suis lancée dans le droit.
J'ai été châtain clair, rousse, blonde, brune. Cheveux courts, cheveux longs, raides, bouclés.
J'ai raté mon permis de conduire pour une broutille, et puis je l'ai eu la 2e fois.
J'ai déménagé de chez mes parents.
J'ai possédé en quelques années plus de quatre-vingt paires de chaussures, sans doute trente sacs, quarante jupes.
Je suis allée aux USA, quatre fois, pour un total de trois mois et demi là-bas.
J'ai été en Asie, deux fois. En Chine et en Corée du Sud.
J'ai vécu à Londres pendant un mois et demi.
J'ai été dans sept pays d'Europe, si mes calculs sont corrects.
J'ai joué les 8e et 9e symphonies de Dvorak, la 6e et le concerto pour violon de Tchaikovski, trois ouvertures de Rossini, les Hébrides de Mendelssohn, le Capriccio Espagnol de Rimsky-Korsakov. Et plein d'autres morceaux, plus ou moins marquants.
J'ai joué à l'opéra de Rennes.
J'ai vu Scorpions et Céline Dion en concert, entre autres.
...
J'ai fait une quantité d'expériences incroyables. Et je ne parle pas du savon qu'on doit fabriquer en chimie, en terminale.
Quoique vous puissiez en penser, je trouve que ma vie a été raisonnablement remplie.
12:14 Publié dans tourments de l'existence terrestre | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : 21 ans, réflexions psychanalytiques stupides, kiffer la laife
mardi, 29 décembre 2009
Une question, en passant
Quel est l'intérêt de m'insulter? C'est tellement gratuit, et lâche si en plus c'est anonyme... Alors à moins que ce ne soit qu'ironique, c'est vraiment pas la peine, je ne laisserai pas les commentaires insultants.
09:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 07 décembre 2009
Lecteur, lectrice
Je m'en viens ce soir apaiser le douloureux désespoir qui t'envahi(e) chaque fois que tu te connectes sur cette page et que, ô malheur et damnation, tu tombes sur une note datant du mois passé.
Si j'étais généreuse, j'offrirais même un paquet de mouchoir dédicacé au premier transi de passion pour ce blog qui écrirait un poème louant ma magnificence, mais en fait non.
Au moment où j'écris, je ne suis déjà plus en train de fantasmer sur un éventuel stage de l'autre côté de l'Atlantique, en fait. Comme pour une majorité de mes projets/envies, l'accord paternel a été refusé et je me suis donc engagée dans une voie toute autre consistant à continuer mes études de droit dès fin février dans mon pays d'origine. Certes, je ne suis pas trop triste, parce que cela me rapprochera de mes grands-parents, qui sauront s'occuper de moi les week-ends où je leur rendrai visite, pas du tout intéressée d'aucune manière de l'argent/plats préparés par ma grand-maman/entrées aux thermes/abonnement de ski/toute autre opportunité attractive. Et puis, la montagne, c'est cool, et le lac Léman, c'est joli, et Genève, c'est sympa. Si je suis prise là-bas, bien sûr. Au cas contraire, je n'aurai d'autre choix que renoncer à ma nationalité suisse et m'enfuir me cacher au fin fond d'une grotte néo-zélandaise en regrettant presque que Alinghi ait vaincu Emirates Team NZ, il y a deux ans (rapport à la Coupe America de 2007, bande d'incultes!). Oh, et bien entendu, j'y éleverai non pas des moutons, mais des poneys. C'est chouette, un poney.
Bref. Trève de plaisanterie. L'heure n'est pas à la rigolade, oh non. La vie a été, pour moi, d'une affligeante difficulté, ces derniers temps.
1°) Mes exams arrivent la semaine prochaine. Et je n'ai pas de cours de droit communautaire, matière que j'exècre, que j'abhorre, que dis-je, que je souhaiterais voir enfouie profond dans la terre avec un grand centre commercial plein de Starbukcs et magasins de chaussures construit dessus, pour ête certain qu'elle ne s'échapperait pas. Parce qu'en plus, le droit communautaire, c'est vicieux. J'ai presque envie de dire, à bas l'UE, mais ce blog était totalement consacré à ma splendeur, je ne peux me permettre d'évoquer des questions politiques aussi polémiques.
Quoique, j'ai presque envie de parler de l'anticonstitutionnalité de construire un minaret dans mon beau pays des Alpes, depuis une semaine.
Mais non.
2°) Bref, au delà de mes exams qui arrivent, je trouve qu'il pleut un peu trop souvent, ces temps-ci. Bon, à vrai dire, cela m'arrange car je peux dans ce cas exhiber mon magnifique parapluie blanc à carreaux turquoises que j'aime et adore. Et aujourd'hui, j'avais le joli parapluie beige et bleu de MPC, puisque tel est le surnom totalement inimaginatif que j'ai envie de donner à Mon Petit Copain. Je l'avais gardé depuis samedi après-midi, en fait. Le parapluie, pas le surnom.
3°) En plus, il fait froid. Et ça, ça craint vraiment. Genre, le matin, bah je suis obligée de mettre des collants avec mes jupes. Et les collants, bah ça se casse. Et quand ça se casse, bah c'est super moche et pas pratique. Et voilà, quoi.
4°) Tant que j'y pense, j'ai encore un énorme problème de taille: dois-je aller chez le coiffeur? Ou pas? Ou si? Ou pas? Le dilemne entraîne de telles conséquences que je frémis à l'idée de me tromper. D'un côté, l'idée d'arborer d'ici quelques temps une crinière à la Justine de Premiers Baisers me tenterait sérieusement, et pour cela je dois laisser pousser mes cheveux puis les boucler légèrement puis arrêter toutes les couleurs que j'y applique sans aucun respect/regret pour ma fibre capillaire. D'un autre côté, ça risque tout autant de donner ça.
5°) J'ai besoin de TEMPS, et d'ARGENT! J'aimerais des journées de 36h, des semaines de 9 jours, des mois de 8 semaines. Et aussi plein d'argent sur mon compte en banque. Oui, je suis comme ça, j'aime rêver. Oh, et j'aime aussi balancer du rêve aux gens: Télé Moudon, c'est ma nouvelle passion.
Mon Dieu et tous les saints, je m'en rends compte à présent: comment fais-je pour survivre sans dépressionner? Sérieusement, je dois porter sur mes épaules tous les maux du monde...
Et bien, pour tout avouer, comme ça: j'ai MPC. Il est cool, et je l'aime.
Et il me donne l'impression d'être une grosse niaise inintéressante et totalement dépendante quand je ne suis pas avec lui.
D'ailleurs, vous m'excuserez, mais j'ai un maquillage à m'étaler sur le visage avant de le voir, d'ici un quart d'heure. Et aussi des cheveux avec une coupe ultra moche à tenter d'améliorer. Et un arrêt du Conseil d'Etat à lire, aussi. La vie est difficile, CQFD!
vendredi, 13 novembre 2009
Partir, rester, partir, rester...
Depuis quelques temps, je me sens étrangement perplexe.
Oui, je sais que cela ne vous surprendra pas le moindre du monde, habitués que vous êtes à me voir atermoyer sans honte dans presque chacune de mes notes rares régulières. Mais ce soir, l'heure est grave. Que dis-je! La situation est aussi désespérée qu'un étudiant en droit à l'approche des partielles.
La vie d'une fille est faite de perplexité, d'interrogations existentielles et d'hésitations agaçantes. Ou du moins, la mienne. Quelle jupe porter alors qu'il fait froid dehors et que les seuls collants non filés sont d'un pur rose framboise? Quelle coiffure arborer alors qu'on n'a pas le temps pour un brossage de cheveux dans les règles de l'art et qu'il est déjà l'heure de courir prendre le bus? Quel maquillage faire alors que le soir-même on ne pourra pas se démaquiller et qu'il vaudrait mieux éviter de ressembler à un joli panda en voie d'extinction?
Pourtant, sous cette apparence bonhomme de futilité spectaculaire, il convient de constater que parfois, la situation se présente de manière plus complexe. Ainsi, une fille se demandera régulièrement si elle a fait le bon choix de donner son numéro de téléphone à un boulet rencontré la veille en ville, ou si les racines naturelles de ses cheveux ne jurent pas trop avec sa teinture à demi blonde, ou encore si elle doit ou non boire un dernier verre de vodka jus de pamplemousse juste avant de partir en boite.
Ou finalement, si c'est une bonne idée qu'elle s'en aille de l'autre côté de l'Atlantique pour six mois, en février.
L'idée de partir est séduisante, attrayante, attirante, alléchante. C'est ce que j'ai toujours voulu, et dès mon plus jeune âge! Particulièrement les Etats-Unis, mon pays natal. Qui n'a jamais rêvé de s'y rendre? Même si je comprends bien heureusement que tout le monde n'est pas fan de ce pays, je persiste à croire qu'il faut y mettre les pieds au moins une fois dans sa vie, juste pour s'imprégner de cette atmosphère si particulière que j'ai adorée chaque fois que j'y suis allée.
J'ai grandi entre deux pays, ou plutôt, j'ai grandi en France mais au coeur d'une famille d'expatriés venant du pays du chocolat (ou des horloges, au choix!). Très sincèrement, je ne me suis jamais dit que la France, c'était chez moi. Au contraire, depuis toujours, j'ai vu ce pays comme une sorte de trève avant de pouvoir parcourir le monde et finir par m'installer quelque part aux USA. La première fois que j'y suis allée, loin là-bas, j'ai eu le sentiment d'appartenir à cette nation. C'est ridicule, je sais, mais c'est une pure sensation de fierté et d'amour pour un pays, et qui m'envahit aussi parfois pour le pays d'origine de ma famille... Alors que je ne peux pas me considérer vraiment comme américaine, malgré le passeport que je possède: je n'en ai ni la culture, ni la langue maternelle.
Parfois, j'envie ces gens qui sont fiers de leur pays, qui n'ont rien connu d'autre et qui ne veulent rien connaître d'autre que ça. J'aimerais, des fois, être d'un chauvinisme exacerbé et m'affubler du titre de "bretonne" comme la plupart de mes amies qui le sont avant même d'être françaises. Suis-je moins bretonne que mes amis? Rien n'est moins sûr. J'habite en Bretagne depuis dix-huit ans, j'ai problablement des expressions bretonnes lorsque je m'exprime, je connais Dan Ar Braz et Didier Squiban, j'aime les crêpes et les galettes, et puis le kir breton, et je dois même avoir quelques autocollants du Gwen ha Du quelque part dans un sombre tiroir.
De toutes les questions que je me pose dans des instants d'égarement ponctuel, la plus insoluble est celle de savoir d'où je viens. Suis-je française? suisse? américaine? Le célèbre proverbe qui dit "lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens" ne peut m'être applicable et il m'est difficile d'exprimer la perplexité qui me ronge quand j'y songe. La solution la plus logique serait de dire que je suis française, mais je ne peux m'y résoudre, à vrai dire... Je suppose que je suis un mélange des trois, dont la nuance varie selon mon humeur et les agissements politiques respectifs de ces pays!
Bref. Tout ça pour dire que les USA, c'est mon rêve d'y retourner.
Et que peut-être, en février, je peux y rester quelques mois.
Et que, comme une idiote imbécile, j'hésite presque.
Je viens à peine de trouver un nouvel équilibre ici, avec une nouvelle colocataire facile à vivre, à arrêter de m'enticher de n'importe quel joli garçon qui passe et à moins détester mes cours qu'avant. J'ai peur que ce ne soit pas le bon moment pour partir.
Que retrouverai-je, à mon retour? Un nouveau départ, au sens propre, puisque quoi qu'il arrive, mon master se fera ailleurs qu'ici. Si je pars en février, je quitterai ma ville pour toujours, mes amis pour toujours, mes parents et mon frère pour toujours, j'arrêterai d'ailleurs le droit français pour toujours! Si je m'en vais, ce sera le début d'une nouvelle vie dans laquelle je devrai me débrouiller parfaitement seule.
Et j'ai peur.
Bien sûr, je sais que j'exagère un tantinet et la situation pourrait être plus désespérée que cela. Je ne perdrais pas mes vrais amis, ceux avec qui je partage presque tout et à qui je manquerais sans doute beaucoup; et réciproquement. Je ne quitterais pas non plus vraiment ma famille, puisque je n'habite chez mes parents depuis deux ans.
En plus, une telle expérience serait incroyablement enrichissante, pour tellement de raisons que je ne peux penser à toutes.
Mais... Si je pars, je ne reviendrai plus.
C'est ce à quoi j'aspire depuis si longtemps! Aujourd'hui qu'une mince opportunité se dessine, j'ai la trouille de la saisir. Partir, pour ne plus revenir? J'ai toujours pensé que si à vingt ans on hésite, c'est que ce n'est même la peine de s'en aller. Aujourd'hui, j'hésite, et pourtant je sais que je m'en irai, en février: aux USA, à Londres ou ailleurs, ma vie n'est pas ici.
00:51 Publié dans tourments de l'existence terrestre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : j'aime le chocolat, les usa c'est génial, partir loin d'ici, être expatrié, parler pour ne rien dire!

