jeudi, 21 août 2008

où l'on se prosterne devant mon retour

Et oui, et oui, ne dites pas le contraire. Je le sais, que je vous ai manqué.

Mais aujourd'hui, je suis de retour.

J'avoue que je vous ai lâchés un peu effrontément, en me contentant d'un silence radio des plus parlants qui pourrait insinuer que finalement, le blog, c'est pas mon truc, que ma vie est tellement intéressante que je me dois de la vivre à cent à l'heure sans me soucier de l'étaler sous le nez de badauds curieux et jaloux, blah blah blah.

Mais non. Il n'en est rien. Je suis là, là, là, et mes amis, je sais que vous en êtes heureux et soulagés.

Après tout, je suis celle que vous attendiez.

Et je ne suis pas rogue mais je ne me confondrai pas en excuses pour autant dans le but idiot et futile de me faire pardonner ma personnalité légèrement hardie dans les moments difficiles. Certes, je suis partie sans explications, mais je suis revenue.

Là, vous réalisez votre bonheur de me relire à nouveau.

En outre, mon absence n'aura pas été vaine.

Ma semaine a été riche en émotions, en shopping et en chocolat.

En chocolat, surtout.

Et en shopping, véritablement.

En émotions, un peu moins. Sauf évidemment lors des achats de mes cinq nouvelles paires de chaussures, de ma visite de Berne, de l'instant où, dans cette dernière ville merveilleuse, j'ai vu puis suivi un splendide militaire blond, ou encore du moment où j'ai réalisé que j'avais pris trois kilos liés uniquement au chocolat que j'ai avalé sans relâche.

Remarquez, dit comme ça, je me demande parfois comment je peux encore être assaillie d'émotions à l'achat de nouvelles chaussures. Après tout, je dois bien en posséder une cinquantaine et tout humain normalement constitué n'en aurait pas autant, se lasserait, songerait à arrêter là les frais. Cependant, vous l'avez bien compris, je ne suis pas comme tout le monde. Pareil aux dieux des temps anciens au nom desquels on sacrifiait des êtres sans défense, il me faut sans cesse de nouvelles chaussures sur mon autel. Je cherche, cherche, cherche la chaussure parfaite, au talon divinement sculpté et à l'attache merveilleusement élégante. Et j'en trouve, croyez-moi. Comme ces richelieux, payés certes un peu chers mais qui me tiendront quelques hivers. Ou alors ces bottes, en soldes, qui me suppliaient de les délivrer de leur solitude. Ou encore ces sandales noires à demi compensées, soldées également, qui n'attendaient que moi pour rayonner.

Mais je cesserai ici toute tentative stérile de me justifier. Je dois reconnaître que je suis excessive, un peu trop spontanée. Si j'avais de l'argent, je n'hésiterais pas un seul instant à claquer plusieurs centaines d'euros dans un sac qui me plairait mais que je n'utiliserais que cinq ou six fois dans l'année. Ou dans une paire d'escarpins de soirée qui me serait aussi utile qu'un trench Burberry au milieu du Sahara. C'est quand l'envie irrésistible d'acheter me prend et me force à dépenser coûte que coûte de l'agent, que je remercie le destin de m'empêcher de posséder une fortune. Je serais le genre de personne qu'on déteste, à dilapider ses sous en achats superflus au lieu de les utiliser sagement pour des oeuvres caritatives.

Chaque génie a un mauvais côté. Le mien, enfin les miens, c'est cette envie ensorcelante d'acheter. Je suis un pur produit de cette société de consommation qu'il est bien vu de critiquer, ces temps-ci.

Moi, la société de consommation, je vous le dis tout de suite, j'adore. Tant qu'il y a des chaussures et des sacs dans le lot. Et de la nourriture américaine, aussi.

Nan, je ne vais pas me la jouer politique. C'était juste pour taquiner les quelques antimondialistes qui pourraient tomber sur cette page par un hasard surprenant. Je suis mutine, comme fille.

Brefou, cette semaine, j'ai acheté, acheté, acheté sans compter, des chaussures, une robe, une chemise, mais aussi des kinder bueno, des plaques de chocolat de la Migros, de la Coop, de Magro (enfin Casino maintenant, depuis que les français ont littéralement envahi ma belle petite région des montagnes), un sac à commissions aussi (avec un adorable petit animal ressemblant plus ou moins à un lapin dessus) et puis un sac verni, des herbes à salade pour ma maman et de l'aromat parce qu'en France on n'en trouve pas. J'ai même acheté un cake financier à mon papa en plus de ses plaques de 99% (99% de cacao, bien sûr, quoi d'autre?), et aussi du faux nutella bicolore pour mon petit frère.

Et puis, j'ai regardé presque l'intégralité de la saison 1 d'Ugly Betty qui m'a bien fait rire.

Oh, et lundi, j'ai rencontré un garçon dans un train, c'était marrant.

Sauf que je n'ai pas encore de nouvelles de lui.

Ce qui n'est pas marrant.

En revanche, j'ai eu des nouvelles de a.

Enfin, nouvelles, tout est relatif.

Un texto répondant à mon propre SMS joyeux et optimiste, se contentant de me balancer qu'il m'appelera la semaine prochaine.

Il aurait pu dire lundi, ou mardi, ou ce week-end. Mais non, la semaine prochaine. Et me connaissant, je vais passer mes journées à attendre son appel qui ne viendra pas, remplacé par un rapide texto statuant qu'il est fatigué et qu'il me rappelera plus tard. J'ai comme l'impression que je me fais totalement, mais alors véritablement duper. Et que malgré ma connaissance de la situation, je ne fais rien pour l'empêcher.

D'ailleurs, j'ai la sensation de passer ma vie à attendre des appels. Comme ce soir, où un ami devait me rappeler, chose qu'il n'est pas en train de faire auquel cas je serais au téléphone et non devant mon ordinateur à me morfondre et raconter stupidement ma semaine palpitante en Suisse. Bigre, suis-je aussi facile à oublier? Ou suis-je aussi égocentrique, à ne pas comprendre pourquoi on ne fait pas attention à moi?

Commentaires

Je déteste attendre un coup de fil ou un SMS, surtout qu'avec ma paranoïa j'envisage des scénarios catastrophes qui ne servent qu'à me rendre nerveuse.

Ecrit par : Lily | mercredi, 22 avril 2009

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