lundi, 23 février 2009

où je rêve d'être raisonnable, un peu

Aujourd'hui, c'était la rentrée de mes vacances de février.

Et mes vacances, bien qu'une petite semaine seulement (hah il est temps du lycée, où deux semaines nous permettaient de nous délasser pour de vrai et même departir en Suisse faire du ski!), ont été plutôt riches en émotions.

Certes, elles ont commencé tranquillement par quelques jours à la campagne chez mes parents, à me reposer et m'occuper à une foule d'activités saines et divinement palpitantes telles que couture, visionnage de films romantiques complètement bidons, cuisinage de tartes aux poireaux...

Mais je reste une vraie citadine dans l'âme, presque emphatique sur le coup d'ailleurs, et l'appel de la ville durant le weekend ne me laisse jamais de marbre. N'étant définitivement pas la Vénus de Milo, j'ai donc légitimement décidé de retrouver mon doux appartement pour y faire la fête, avec deux amies de longue date. Celles-ci d'ailleurs ne devaient rester que vendredi soir mais leur séjour s'est prolongé la nuit suivante tellement ma compagnie leur a paru rafraichissante et distrayante.

Vendredi soir fut une nuit fort amusante, faite de shooters de jus d'orange renversés sur les pulls, de sèche-cheveux à 1h du matin, de musique à fond en oubliant les voisins, et de cramage lissage de cheveux dans la salle de bain. Puis, sur le coup de deux heures, nous nous décidâmes enfin à partir nous éclater sur le dancefloor (remarquez mon vocabulaire de djeuns que je kiffe trop ma race!) sans se soucier du lendemain. C'est là que nous dansâmes, dansâmes, dansâmes avant de gagner le bar et prendre une margarita aussi délicieuse que rafraichissante. Et c'est là, en finissant mon verre et tentant de retrouver mes amies (m'ayant lâchement abandonnée pour s'éclater sur une chanson kitchissime dont je ne me souviens plus) sur la piste de danse, que je rencontrai un garçon que nous surnommerons "P".

Je me dois de préciser ici qu'à l'époque, je sortais avec un garçon "Y", depuis quatre semaines il me semble, qui ne me plaisait pas tant que ça mais à qui je n'osais pas dire non par peur de lui faire de la peine. Ma première soirée avec lui a d'ailleurs été le gala de l'insa, il a quelques temps...

Bref, revenons-en à vendredi soir et à P. P, ça a tout de suite collé entre nous. On a discuté, on a dansé, on s'est embrassé, embrassé, embrassé, et c'était génial.

D'ailleurs on s'est revu samedi soir.

Dimanche matin, mes amies sont reparties et je me suis recouchée, fatiguée par mes deux longues soirées.

Et sur le coup de 13h, j'ai été réveillée par un texto d'Erwan.

Et avec Erwan, on s'est revu dans l'après-midi.

Alors que si l'on se souvient bien, c'était fini avec lui.

Mais je suis comme maudite et une véritable malédiction m'entoure dès qu'il est question d'Erwan.

Bref, un rapide rendez-vous avec cette espèce de crétin.

Et puis j'ai appris qu'il déménageait à Paris dans deux mois.

Et ça m'a un peu déprimée.

Et le soir, j'ai revu P.

 

Hah, P. J'avoue que j'ai pas mal d'espoirs à son égard. J'ai même quitté Y cette après-midi, tellement je culpabilisais de le tromper avec lui. (et par là, je veux dire tromper P avec Y, j'ai une chronologie infaillible). J'aime la manière dont il prend des initiatives, dont il me regarde avec ses beaux yeux clairs, la manière qu'il a de m'embrasser -parce que soyons clairs, il embrasse super bien. Et le reste aussi, d'ailleurs. Je me dis que je l'ai vu trois fois en trois jours, que j'ai passé la nuit dernière à rêver de lui et que je n'en ai pas déjà marre. Bon point, en fait. J'ai déjà envie de le revoir, de mieux le connaître, de finir le super film qu'on a commencé hier soir et, même, de lui envoyer un texto.

Tout ça pour dire que j'ai peur de m'emballer un peu et de réaliser qu'en fait il ne me plait pas tant que ça, ou alors que ce soit lui qui fasse ce triste constat. C'est pour cela que c'est toujours plus simple de sortir avec des gens dont on s'en fiche, lorsqu'on est lâche.

Mais je ne suis plus lâche depuis tout à l'heure. Et je prends le risque de me faire larguer sans délicatesse si cela me permet de 1) oublier Erwan, 2) pouvoir me regarder dans le miroir sans me souvenir de la manière dont j'ai trompé mon ex Y, 3) vivre quelque chose que j'ai envie de vivre.

dimanche, 08 février 2009

un samedi soir d'intenses réflexions nocturnes

Ce soir, je suis rentrée bien tôt.

On est samedi soir, pourtant. Et je passais un excellent début de soirée.

Mais au moment d'aller en boîte, j'ai changé d'avis. Oui, moi, grande clubbeuse devant l'éternel, j'ai renoncé à l'idée d'aller m'éclater en boîte.

Pourquoi, me demandez-vous, pourquoi, me demande-je?

La lassitude. Un sentiment étrange, presque lancinant, qui s'installe régulièrement dans mon esprit. Et aux moments les plus inattendus, évidemment. Genre, un samedi soir aux alentours d'une heure du matin, ou un jeudi avant même de partir chez des amis pour une soirée.

Aller en boîte, soit. Mais à quoi bon, finalement? Je sais ce qui s'y passera...

Boire un verre ou deux. S'élancer dans le fumoir et se défoncer à la cigarette. Rencontrer un inconnu, deux ou trois. Sourire à tout va, rire gentiment, danser insouciamment. Embrasser un garçon, deux ou trois. Donner mon numéro de téléphone, un vrai ou un faux, au choix ou aléatoirement. Se sentir égocentriquement pleinement heureuse et satisfaite. Et le lendemain, oublier un prénom, ignorer un texto ou un appel, attendre un rendez-vous ou espérer ne plus entendre parler du garçon en question, se souvenir que d'autres garçons existent et méritent de l'attention...

Ou au contraire. Danser sans personne, risquer une déception narcissique, sentir l'alcool redescendre et la fatigue monter, rêver d'ôter ses jolies chaussures à talons et de se précipiter dans son lit.

Pour ma part, la première hypothèse reste la plus courante. Heureusement pour mon ego, rares sont les soirées en boîte où aucun individu masculin n'a tenté une approche en ma direction. A vrai dire, j'en étais finalement arrivée à un point, après mes folies estivales, où une soirée sans embrasser personne ne me semblait même pas réussie... Situation qui n'a toutefois pas duré: certes, je ne suis pas rogue, ni cavalière remarquez, mais concupiscente à ce point!

Ah, l'été! Il me tarde presque de le voir revenir, moi qui aime tant l'hiver et la fraîcheur des journées de février! Je m'imagine déjà, tentant de faire bronzer ma pâle peau de blonde (foncé, le blond, peut-être, mais j'en reste bien blanche) sur les pelouses du Thabor, attendre avec impatience mon voyage en Corée du Sud fin août, bayer aux corneilles ou à une amourette de vacances... C'est dans ces moments de contemplation que je réalise à quel point j'aime la vie quelle qu'en soit la saison, printemps, été, automne, hiver. Le chaud, le froid, la pluie, le soleil, c'est mon truc.

Mais pour en revenir à cette froide soirée de février, celle quittée un peu prématurément, je n'avais qu'une idée en tête, bien malheureusement... A quoi bon me mentir, à quoi bon refouler cette vérité que je me dois de cacher pour mon propre bien sentimental? J'aime encore Erwan, c'est tout, et le fait qu'il ait tenté d'établir un contact vendredi a brisé le reste de coeur qu'il m'avait laissé la dernière fois qu'on s'est vu. Même en sachant qu'il avait une copine et qu'il me proposait de se voir quand même "si je le veux", ce à quoi j'ai répondu que je ne comprenais pas ce que LUI, il voulait. Quel intérêt pour lui de tromper sa petite amie avec moi? Et surtout, comment puis-je ne pas être littéralement dégoûtée par un garçon qui trompe ainsi sa copine?

Sans doute parce que je le fais moi-même, tromper de la sorte. Sans grand regret ou culpabilité invivable, d'ailleurs.

Même si je me berce de la douce illusion de changer lorsque j'aurais rencontré le bon.

Mais le problème, c'est que le bon, dans mon affligeant état d'esprit, c'est lui. Erwan. Ce garçon peu fréquentable pour la commune des mortelles, cette plaie pour les coeurs un peu romantiques.

 

Cependant, tout ceci ne sont que de petites pensées tardives, écrites devant Premiers Baisers.

Et demain sera un autre jour.

A la lumière duquel Erwan apparaîtra plus comme un manipulateur inintéressant que comme le garçon qui me fait serrer le coeur et pleurer mentalement un peu trop souvent.