vendredi, 13 novembre 2009
Partir, rester, partir, rester...
Depuis quelques temps, je me sens étrangement perplexe.
Oui, je sais que cela ne vous surprendra pas le moindre du monde, habitués que vous êtes à me voir atermoyer sans honte dans presque chacune de mes notes rares régulières. Mais ce soir, l'heure est grave. Que dis-je! La situation est aussi désespérée qu'un étudiant en droit à l'approche des partielles.
La vie d'une fille est faite de perplexité, d'interrogations existentielles et d'hésitations agaçantes. Ou du moins, la mienne. Quelle jupe porter alors qu'il fait froid dehors et que les seuls collants non filés sont d'un pur rose framboise? Quelle coiffure arborer alors qu'on n'a pas le temps pour un brossage de cheveux dans les règles de l'art et qu'il est déjà l'heure de courir prendre le bus? Quel maquillage faire alors que le soir-même on ne pourra pas se démaquiller et qu'il vaudrait mieux éviter de ressembler à un joli panda en voie d'extinction?
Pourtant, sous cette apparence bonhomme de futilité spectaculaire, il convient de constater que parfois, la situation se présente de manière plus complexe. Ainsi, une fille se demandera régulièrement si elle a fait le bon choix de donner son numéro de téléphone à un boulet rencontré la veille en ville, ou si les racines naturelles de ses cheveux ne jurent pas trop avec sa teinture à demi blonde, ou encore si elle doit ou non boire un dernier verre de vodka jus de pamplemousse juste avant de partir en boite.
Ou finalement, si c'est une bonne idée qu'elle s'en aille de l'autre côté de l'Atlantique pour six mois, en février.
L'idée de partir est séduisante, attrayante, attirante, alléchante. C'est ce que j'ai toujours voulu, et dès mon plus jeune âge! Particulièrement les Etats-Unis, mon pays natal. Qui n'a jamais rêvé de s'y rendre? Même si je comprends bien heureusement que tout le monde n'est pas fan de ce pays, je persiste à croire qu'il faut y mettre les pieds au moins une fois dans sa vie, juste pour s'imprégner de cette atmosphère si particulière que j'ai adorée chaque fois que j'y suis allée.
J'ai grandi entre deux pays, ou plutôt, j'ai grandi en France mais au coeur d'une famille d'expatriés venant du pays du chocolat (ou des horloges, au choix!). Très sincèrement, je ne me suis jamais dit que la France, c'était chez moi. Au contraire, depuis toujours, j'ai vu ce pays comme une sorte de trève avant de pouvoir parcourir le monde et finir par m'installer quelque part aux USA. La première fois que j'y suis allée, loin là-bas, j'ai eu le sentiment d'appartenir à cette nation. C'est ridicule, je sais, mais c'est une pure sensation de fierté et d'amour pour un pays, et qui m'envahit aussi parfois pour le pays d'origine de ma famille... Alors que je ne peux pas me considérer vraiment comme américaine, malgré le passeport que je possède: je n'en ai ni la culture, ni la langue maternelle.
Parfois, j'envie ces gens qui sont fiers de leur pays, qui n'ont rien connu d'autre et qui ne veulent rien connaître d'autre que ça. J'aimerais, des fois, être d'un chauvinisme exacerbé et m'affubler du titre de "bretonne" comme la plupart de mes amies qui le sont avant même d'être françaises. Suis-je moins bretonne que mes amis? Rien n'est moins sûr. J'habite en Bretagne depuis dix-huit ans, j'ai problablement des expressions bretonnes lorsque je m'exprime, je connais Dan Ar Braz et Didier Squiban, j'aime les crêpes et les galettes, et puis le kir breton, et je dois même avoir quelques autocollants du Gwen ha Du quelque part dans un sombre tiroir.
De toutes les questions que je me pose dans des instants d'égarement ponctuel, la plus insoluble est celle de savoir d'où je viens. Suis-je française? suisse? américaine? Le célèbre proverbe qui dit "lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens" ne peut m'être applicable et il m'est difficile d'exprimer la perplexité qui me ronge quand j'y songe. La solution la plus logique serait de dire que je suis française, mais je ne peux m'y résoudre, à vrai dire... Je suppose que je suis un mélange des trois, dont la nuance varie selon mon humeur et les agissements politiques respectifs de ces pays!
Bref. Tout ça pour dire que les USA, c'est mon rêve d'y retourner.
Et que peut-être, en février, je peux y rester quelques mois.
Et que, comme une idiote imbécile, j'hésite presque.
Je viens à peine de trouver un nouvel équilibre ici, avec une nouvelle colocataire facile à vivre, à arrêter de m'enticher de n'importe quel joli garçon qui passe et à moins détester mes cours qu'avant. J'ai peur que ce ne soit pas le bon moment pour partir.
Que retrouverai-je, à mon retour? Un nouveau départ, au sens propre, puisque quoi qu'il arrive, mon master se fera ailleurs qu'ici. Si je pars en février, je quitterai ma ville pour toujours, mes amis pour toujours, mes parents et mon frère pour toujours, j'arrêterai d'ailleurs le droit français pour toujours! Si je m'en vais, ce sera le début d'une nouvelle vie dans laquelle je devrai me débrouiller parfaitement seule.
Et j'ai peur.
Bien sûr, je sais que j'exagère un tantinet et la situation pourrait être plus désespérée que cela. Je ne perdrais pas mes vrais amis, ceux avec qui je partage presque tout et à qui je manquerais sans doute beaucoup; et réciproquement. Je ne quitterais pas non plus vraiment ma famille, puisque je n'habite chez mes parents depuis deux ans.
En plus, une telle expérience serait incroyablement enrichissante, pour tellement de raisons que je ne peux penser à toutes.
Mais... Si je pars, je ne reviendrai plus.
C'est ce à quoi j'aspire depuis si longtemps! Aujourd'hui qu'une mince opportunité se dessine, j'ai la trouille de la saisir. Partir, pour ne plus revenir? J'ai toujours pensé que si à vingt ans on hésite, c'est que ce n'est même la peine de s'en aller. Aujourd'hui, j'hésite, et pourtant je sais que je m'en irai, en février: aux USA, à Londres ou ailleurs, ma vie n'est pas ici.
00:51 Publié dans →tourments de l'existence terrestre← | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : j'aime le chocolat, les usa c'est génial, partir loin d'ici, être expatrié, parler pour ne rien dire!
mardi, 03 novembre 2009
doliprane et couverture
Ce soir, je suis malade et un peu dépitée.
J'ai appris d'une très étrange manière qu'une rumeur circulait sur moi, et je peux assurer qu'elle n'est pas très agréable. Je ne suis pas trop du genre à m'en faire de ce que pensent les gens de moi, mais lorsque certaines personnes sont apparamment au courant de choses dont elles ne devraient jamais avoir entendu parler à mon propos, la donne est totalement transformée.
Alors, quoi? Qui d'autre que des personnes supposées être mes amies aurait pu savoir des détails assez intimes de ma vie, décider d'en parler haut et fort en mon absence et sans gêne? Comment imaginer une autre situation que certaines personnes, décidant que je ne suis plus assez cool/sympa/autre adjectif dont je me fiche royalement, transgressent les limites de notre amitié, trahissent ma confiance et parlent de moi dans mon dos?
Je déteste l'idée d'avoir dans mon entourage des gens hypocrites qui balancent des détails ultra personnels devant n'importe qui. Certes, je ne suis pas du genre à ne rien raconter sur ma vie sexuelle à mes ami(e)s, mais il y a une limite qui a été largement, largement, largement franchie.
Et en même temps, ça m'est presque égal. Je sais ce que je fais. Je sais que oui, j'ai eu jadis un comportement un peu destructeur quant à mes pseudos relations avec le sexe masculin. Mais tout ceci est de l'histoire ancienne! Aujourd'hui, je préfère penser que j'ai pris en maturité et que même s'il m'arrive d'embrasser un inconnu, c'est parce qu'il me plaît et que je pourrai refuser d'aller plus loin avec lui. Mais, ce qui me dépasse, c'est la raison pour laquelle de prétendues amies ont ainsi parlé de moi en mon absence, en termes tous sauf élogieux. A moins que je ne sois la seule à m'estimer amie avec elles, et qu'elles rêvent de m'abandonner totalement? Et si c'est le cas, que vais-je devenir?...
J'ignore la manière dont je pourrais démêler la situation. A part couper contact avec les personnes que je suspecte, à ma grande tristesse, d'être le fondement de cette rumeur? Je ne sais pas avec précision qui c'est, même si j'ai quelques doutes. Je sais par contre que le fond du problème est une autre personne, que j'aimerais profondément oublier et qui m'a suffisamment pourri la vie pendant un certain temps pour que j'en aie strictement plus rien à cirer...
Au moment où je vous parle, le cerveau embrumé de doliprane 1000, tout ceci me semble ridicule. A quoi bon lancer de telles choses sur moi, alors que je ne suis même plus là? Qu'ai-je fait pour mériter ça? J'adorerais pouvoir me dire que c'est juste de la jalousie mal placée, j'ai eu plus de succès auprès des garçons que d'autres, je n'ai peut-être pas assez contrôlé mes gestes et paroles... Pourtant, je me suis un peu amère et déçue par l'idée de me faire traiter ainsi.
...
Je crois que je vais m'arrêter là et demain ou plus tard, quand je serai en meilleure forme, je remplacerai cet article par un tout autre contenu largement plus joyeux, moins aigri et déçu. Par exemple, je pourrai m'autoféliciter pour être une exemplaire petite amie, ou bien m'impatienter d'être à vendredi. Vivement vendredi, en fait.
22:42 Publié dans →agglomérat philosophique← | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

