jeudi, 23 octobre 2008

où l'on part sur de nouvelles bases, en fait.

Très bien, la chance ne doit pas être avec moi aujourd'hui.

Parce que j'avais écrit une longue note racontant tout ce qu'il y avait de nouveau dans ma vie et qui allait vous transporter de joie, vous, mes ardents lecteurs. Mais que malheureusement, la note ne fut sauvegardée à temps.

 

Brefou. Je vais m'efforcer de faire preuve du même enthousiasme, de la même joie que ceux éprouvés dans feue ma note passionnante... Parce que aujourd'hui, mes amis, j'ai plusieurs péripéties à vous raconter, oh oui.

Déjà, je vous propose de tirer un trait définitif sur la saga merveilleuse que je vous proposais il y a quelques temps, pour la simple et bonne raison que la passion dévorante qui m'envahissait à la pensée de George m'a littéralement désertée. Aussi surprenant que cela puisse sembler pour tout être sensé doué de raison, je ne suis plus du tout, mais alors plus du tout amoureuse de lui. Je ne pourrai trop m'expliquer comment j'ai pu l'oublier aussi vite, mais toujours est-il que ce n'est pas plus mal...

Mais alors, vous exclamez-vous vivement, cela aurait-il à voir avec C? Le brave garçon aurait-il fini par me faire craquer et serais-je enfin amoureuse de lui comme une bonne et fidèle petite amie de son petit ami?

Que nenni, vous réponds-je avec fermeté, et bien au contraire. Laissez-moi vous conter une petite histoire.

 

Il était une fois une jeune étudiante qui compensait un physique peu à son avantage par une folie légère faisant, au regard de certains allumés ou de quelques purs inconnus, tout son petit charme. Elle avait comme tous ses acolytes universitaires pour habitude de consacrer la nuit du jeudi aux soirées étudiantes, buvant avec excès légèrement et dansant comme une malade timidement en boîte de nuit avec des amis. Elle avait un petit ami qu'elle appréciait raisonnablement, le fréquentant depuis un peu plus d'un mois, lorsque le destin la poussa à franchir les portes d'une discothèque sympa, avec un de ses plus proches amis, une amie de cet ami, et un ami de l'amie de cet ami qui sera surnommé Reun pour une raison qui m'est évidente mais que je ne divulguerai point.

Là, je coupe, histoire de pas trop entrer dans les détails.

Brefou, au cours de la soirée, un rapprochement eut lieu entre la demoiselle et son nouvel ami, qui finirent par s'embrasser longuement. Hélas, il dut ensuite partir, la laissant seule et désespérée (parce que les deux autres amis dansaient ensembles), entourée de garçons intéressés et sans scrupules. C'est ainsi qu'elle se réfugia auprès d'un autre garçon, qui ne mérite pas de surnom. Elle gardait Reun en tête mais, persuadée de ne pas pouvoir lui plaire sans l'emprise de l'alcool, préférait l'oublier.

Finalement, un courage extrême lui permit de demander à l'amie de son ami le numéro de Reun, à qui elle envoya un texto. Reun y répondit avec galanterie et accepta même de la revoir, ce qui la transporta de joie.

Entre temps, le weekend était arrivé et la jeune demoiselle devait participer au stage de rentrée organisé par son orchestre. Mais alors qu'elle écoutait tranquillement de la musique sur son magnifique Nokia 5610 Xpress Music rose en compagnie de son très cher ami P-Y, son téléphone s'arrêta brusquement. Impossible de le rallumer. Le désespoir l'assaillit lorsqu'elle réalisé qu'elle n'avait pas sauvegardé le numéro de Reun, qu'elle était donc incapable de reprendre contact avec lui à son retour pour espérer un rendez-vous avec lui.

Elle passa le weekend à pester contre son téléphone et imiter le caractère râleur de sa colocataire. Il faut également avouer qu'entre deux critiques à l'égard de son portable, c'était son petit ami C qui était la cible de ses paroles un peu cavalières. Elle se rendait compte véritablement qu'elle ne pouvait continuer à sortir avec C, en partie parce que C ne donnait plus l'impression de vouloir vraiment la fréquenter.

Alors, le lundi matin, elle prit les choses en main. Ne pouvant contacter C par un coup de téléphone ou un texto, décidant que de toute manière ce n'était pas la peine de lui proposer un rendez-vous style "il faut qu'on parle", elle eut une idée de génie.

Le message facebook.

Ici, il faut préciser que c'était un message personnel, pas sur le mur, surtout que C ne l'avait toujours pas rajoutée comme amie au bout d'une semaine (une des raisons pour lesquelles la jeune étudiante avait décidé de le quitter).

Mais tout de même, une telle désinvolture était nouvelle pour elle. Un long message fut cependant envoyé à C et le statut facebook transformé de "rien" en "célibataire".

C'est ainsi que s'acheva son histoire d'amour merveilleuse avec C.

 

Mais ses tribulations ne s'arrêtent pas là, évidemment que non. Parce qu'entre-temps, elle avait pu récupérer le numéro de Reun auprès de son ami, l'ami de l'amie du garçon. Brefou, rendez-vous fut donné le mercredi soir, après le cours de salsa de la jeune femme.

Passons sur le fait qu'elle mit des heures à choisir une tenue pour finalement changer au dernier moment, qu'elle était morte de trouille à l'idée de le revoir et de ne pas lui plaire sobre, qu'elle avait peur aussi qu'il ne lui plaise plus du tout. Simplement dit, l'inquiétude l'assaillait sans pitié et elle rejoignit le lieu de rendez-vous l'estomac noué et la gorge sèche.

Reun arriva enfin, légèrement en retard ce qui avait fait paniquer la demoiselle, et ils s'en furent boire un cocktail dans un bar.

Je passe aussi rapidement sur la soirée, en résumant les informations essentielles: ils ont bien ri, ils ont bien discuté, ils ont bu 1/2L de cocktail de chacun, elle a réalisé à quel point son profil ressemblait à celui du premier garçon qu'elle avait surnommé George (enfin le deuxième, pour être rigoureuse). Puis, minuit passé et cocktail offert par Reun, ce dernier la raccompagna jusqu'à chez elle. Là, ils continuèrent à discuter, puis se comportèrent en vrais gamins et laissèrent un petit mot anonyme, fait de lettres déchirées dans le magazine de la métropole, sur la voiture de la colocataire de la jeune fille.

Puis, vint le moment où il fallut se quitter et poser la question de savoir s'ils allaient se revoir. La jeune fille s'enquit timidement des intentions de son chevalier qui lui répondit "bah oui!!!" avant que leurs lèvres ne se rencontrent afin d'achever leur soirée par un tendre baiser. Enfin, plusieurs tendres baisers, on ne peut rien vous cacher.

C'est ainsi qu'elle mit fin à son célibat, de la manière la plus agréable et douce possible.

 

Bon, bon, bon, je sais que je ne dois pas me réjouir trop vite, que cela ne va peut-être pas durer. Surtout que les vacances sont là et qu'il rentre chez ses parents pour quelques jours dès demain après-midi... Il peut se passer plein de choses d'ici à ce que l'on se revoit... Même si j'espère que cette fois, ça va durer.

Parce que pour une fois que je peux potentiellement sortir avec un garçon qui me plait vraiment, je n'ai pas envie que ça s'arrête comme ça.

vendredi, 26 septembre 2008

amour, malheur et beauté, 1ère partie

Je vous ai quittés il y a exactement vingt jours sur une note décrivant ma vie passionnante, souvenez-vous d'Erwan et autres Poney.

Et bien, il y a eu du nouveau, depuis.

Oh, pas à propos d'Erwan et Poney, je ne les ai pas revus après le lendemain de la soirée.

Mais du croustillant il y a eu, dans mon entière vie globale.

Oui, mes amis, sur plusieurs notes consécutives, pour fêter mon grand retour sur mon blog palpitant, je vais vous parler sentiments pornographiques et émotions indécentes.

 

Là, je sens que vous attendez la suite avec impatience, bande de petits coquins.

D'ailleurs, hors sujet total, la musique de Dawson's Creek qui passe précisément en ce moment sur mon ordinateur est effroyablement adéquate à mes petites aventures.

Ou grandes aventures, du reste.

Mais trèves de romantisme inadapté.

Chers lecteurs, préparez vos mouchoirs. Votre courage, à la lecture de mes extraordinaires écrits, devra être sans borne, tel Chase se faisant larguer par Cameron ou Adison réalisant que son couple avec Derek est bel et bien fichu. Brefou, vous m'aurez comprise, l'histoire que je m'apprête à vous narrer est d'une rare intensité et il se peut que des âmes sensibles voient la vie sous un autre angle, après l'avoir lue en entier et comprise correctement. Il y aura sans doute des larmes, des cris, une stupéfaction populaire. Mais qu'importe, la vérité doit éclater et le mensonge doit être aboli.

Afin d'éviter toute surprise trop surprenante, je vous balance déjà quelques mots clés: INSA, soirée, garçons, salsa, bière, désespoir, tragédie, fin du monde. Oh, et George, mot clé très important.

Maintenant que les grandes lignes sont tracées, permettez-moi de commencer par le commencement.

Samedi 13 septembre 2008. Il faisait beau, nous étions heureux et ma colocataire avait invité son amie fidèle et de longue date à boire un verre avec elle et une autre de ses amies fidèles de longue date (dont j'ai fréquenté l'ex d'un peu trop près l'espace de quelques heures). J'évoquai avec cette première amie, que nous appelerons Apollonie afin de respecter son anonymat, la possibilité de sortir après ce passage au bar à rhum de la ville, lui suggérant de passer voir quelques amis qui sans doute sortiraient. Elle envisagea cette proposition avec sérieux puis l'écarta en m'annonçant qu'un de ses amis de l'INSA l'avait invitée à son anniversaire. Ce fut donc cette dernière option qui fut choisie à l'unanimité de nos deux avis, et une fois les parents de la demoiselle convaincus de la laisser sortir (avec la voiture qui plus est) la nuit nous sembla pleine de promesses.

En fait, pas tant que ça, mais j'étais ravie de changer un peu de fréquentations.

Brefou, je consommai deux cocktails au rhum (hm, un "baignoire de Joséphine" et un "pourquoi pas", il me semble) puis nous quittâmes les autres afin de regagner la voiture d'Apollonie et enfin atteindre l'INSA. Sur le trajet, je tentai d'en savoir plus sur ce mystérieux ami mais les seules informations que je pus récolter furent un vague "il est pas terrible, il est grand mais il est sympa!".

Autant dire que je ne savais pas du tout à qui m'attendre.

Et autant dire que je ne m'attendais pas du tout à ce qu'il se passe ce qu'il s'est passé.

J'ai déjà pu faire démonstration de mon coeur tendre de jeune fille un peu fleur bleue, sur ce blog.

Aussi vous ne serez pas tellement surpris en apprenant que Cupidon me toucha d'une multitude de flèches lorsque je pénétrai dans la salle où se déroulait l'anniversaire. La canaille avait décidé de me faire craquer pour l'hôte de la soirée, que nous surnommerons aisément George. Refusant de se contenter d'un simple béguin, en plus, le petit angelot s'acharna littéralement sur moi et je réalisai très rapidement après avoir rencontré George que j'étais amoureuse de lui.

Dans le sens, amoureuse.

Vraiment amoureuse.

Un peu comme quand je l'étais du George initial, que j'aimai follement durant une bonne année et demie avant de me rendre compte qu'il deviendrait curé avant de s'intéresser à moi.

Brefou, mon George, mon nouveau George, est le plus divin de tous les garçons et le désespoir m'assaille quand je pense à lui.

Surtout que l'histoire ne s'arrête pas là, oh non. La facilité, c'est vraiment trop facile.

Tandis que j'encaissais le choc de mon coup de foudre pour le héros de la nuit, je me laissai aller à boire quelques verres de rhum orange et vodka pure orange, qui forcément me montèrent très légèrement à la tête. Oh, j'avoue volontiers que j'étais un tantinet pompette ce soir-là. Mais que voulez-vous, une femme du monde se doit de se satisfaire des plaisirs du bas peuple et je ne pouvais décemment refuser de boire comme les autres! Je devrais plutôt passer pour une héroïne, plutôt que pour une alcoolique notoire.

Le sourire que le rhum affiche en permanence sur mes lèvres a sans doute eu raison des obstacles se dressant entre un parfait inconnu, que nous surnommerons C par pure commodité, et ma lumineuse personne. Nous discutâmes de longs instants, regardâmes des photos de son pays d'origine, dont il était arrivé une semaine plus tôt, puis discutâmes à nouveau de sujets divers dont je ne me souviens guère avant qu'il ne me propose d'aller dans sa chambre. J'acceptai, le coeur un peu serré, parce George avait disparu et que cela me rendait triste.

Oh, dans cette chambre, il ne se passa pas grand chose finalement. Nous nous embrassâmes puis rendez-vous fut donné pour le lendemain après-midi.

Vous comprenez donc logiquement en quoi la situation amorcée ce soir-là est une véritable tragédie.

 

Plus tard, vous aurez droit à la suite, toute la suite, de l'histoire.

Qui ne fait que commencer, gardez ça en tête.

dimanche, 10 août 2008

exemple-type d'une relation impossible

Aujourd'hui, mon coeur s'est légèrement ébréché.

Il faut croire que jeunesse implique naïveté, et la naïveté est un bien triste défaut lorsqu'il s'agit de relations.

De relations, point. Il ne sera aucunement question de relations amoureuses ici, je le précise d'avance avant d'éviter toute déconvenue.

Même si la situation n'a jamais été claire entre nous.

Entre a et moi, je veux dire.

Brefou, je ne me sens pas très bien sur le plan émotionel, aujourd'hui. Comment cela, vous alarmez-vous, pourquoi? Et bien figurez-vous que mon romantisme, mon impétueuse passion pour la vie, ma fougue candide m'ont encore joué un tour.

Inconsciemment, je place un espoir insensé en chaque représentant du sexe masculin que je fréquente de près. A tous les coups, je me dis que celui-ci annihilera ma rancoeur naissante contre les mecs. Et pour a, c'est la même chose. Au début, quand je l'ai rencontré, je savais que ce ne serait qu'une histoire sans lendemain. Finalement, lendemain il y a eu, puis une deuxième entrevue la semaine passée. Et j'avoue que je m'y suis presque déjà habituée.

C'était sans compter le caractère mesquin et détestable de l'homme lambda.

Nan, je rigole. Je ne vais pas me la jouer féministe. Mais je vais tout de même constater que les mecs et les filles, quand même, c'est fichtrement différent. Et que je ne comprendrai probablement jamais l'esprit viril de ceux qui m'attirent.

Cela fait depuis mardi que je n'ai pratiquement pas eu de ses nouvelles. Et pourtant, lundi soir, tout s'était bien déroulé. A me repasser le film de la soirée, nous avions agréablement bavardé de choses et d'autres avant de venir chez moi où ça avait été remarquablement plaisant. Les croissants et pains au chocolat m'avaient satisfaites et il était parti suffisamment tard pour ne pas faire le type qui s'en va dès qu'il n'y a plus d'opportunité sexuelle.

Alors pourquoi ne pas me tenir au courant de ses déplacements, pourquoi ne pas me dire s'il veut me voir ou pas, pourquoi ne pas me répondre rapidement quand je lui envoie un texto? Surtout que même si ceux-ci sont illimités pour moi, je ne lui ai écris que deux textos dans la semaine qui vient de s'écouler. Il est hors de question que je le harcèle, que je lui prenne la tête, que je spame sa boite de réception.

Je sais que la situation insinue que a se fiche royalement de moi comme de son premier cartable. Que je ne suis qu'une fille pareille à tant d'autres, une jeunette qu'il peut remplacer comme bon lui semble. Mais je refuse d'admettre ce fait. Ne serait-ce pas facile pour un homme comme lui de me faire comprendre clairement qu'il ne veut plus me voir, plutôt que simplement m'ignorer par texto?

Oh, s'il vous plaît.

J'ai envie de garder espoir, enfin de garder mon PCF.

Je lui ai déjà demandé s'il ne voulait plus me voir, il m'a juste répondu qu'il était à Paris. Qu'en déduire? Qu'il voudrait me revoir mais qu'il est à Paris? Ou qu'il ne veut plus me voir mais qu'il n'a pas le courage de me le dire simplement, alors que je lui tends une véritable perche? Il lui suffirait de m'écrire "on ne se verra plus" au lieu de me laisser un espoir malheureux.

J'aimerais comprendre sa psychologie. Après tout, la situation est simple. Il veut me voir ou il ne veut pas me voir.

Et pour le moment, il ne veut pas me voir.

J'ai le chic pour m'attacher à ceux pour qui je ne devrais même pas craquer.

Ce n'est pas le premier, c'est sûr. Ce ne sera sans doute pas le dernier.

Mais en attendant, cela m'aurait bien plu de bénéficier d'un peu plus de franchise.

Je suis souvent parano, peut-être, sauf que là je ne peux plus me voiler la face et espérer un rendez-vous qu'il ne me donnera jamais.

Il y a vraiment des moments où un miracle serait le bienvenu.

samedi, 09 août 2008

petit mensonge et soulagement intense

Hier soir, j'ai largué b.

Oui ce détail de ma vie semble surprenant. Moi, la fille qui ne largue plus, jamais, traumatisée par le virement de bord de son premier petit ami qu'elle a osé quitté des années auparavant. Moi, la fille pas rogue pour un sou et plutôt affable au quotidien. Un brin cavalière dans les situations extrêmes, certes, mais généralement complaisante. Moi, la fille qui n'ose même pas dire à sa colocataire qu'elle ne supporte plus de devoir sans cesse défaire les boites en carton de biscuits Gerblé qu'elle jette sans états d'âme encore pliées dans la poubelle recyclage.

Et par texto, qui plus est.

Mais, demandez-vous avec empressement et admiration, comment ai-je pu avoir ce courage, cette bravoure insensée? Comment ai-je réussi à défier de la sorte tous mes principes? Comment ai-je pu m'enhardir au point de liquider ma relation naissante avec b par l'envoi dun simple texto gratuit?

La réponse est toute simple. On m'y a poussée.

Oui, j'ai été forcée de le faire. Par le destin. Par la fatalité. Par mon impatience de le quitter et le refus d'attendre jusqu'à la rentrée pour le faire. Et par mes amis, aussi.

Après avoir passé le repas à discuter de la manière dont ma relation avec a n'évoluerait pas et celle dont mon couple avec b était insignifiant, j'ai eu un éclair de génie. Un véritable flash, et si ma biographie est un jour transcrite en bande dessinée ou en dessin animé, ce serait typiquement le jour d'instant où une ampoule apparaîtrait au-dessus de ma tête.

L'excuse de la rupture j'avais trouvé.

Oui, oui.

Parce que bon, hein, on est entre nous alors j'avoue que la raison nodale m'interdisant de déjà le larguer comme un malpropre, c'était l'absence d'un motif expliquant pourquoi tout était fini entre nous. Quelques idées diverses et variées m'étaient apparues, évidemment, avant qu'une perspective plus réjouissante ne migre dans mon puissant intellect:

1) Je pouvais lui dire la vérité toute nue. "Ecoute, b, je fréquentais déjà un mec quand j'ai accepté de sortir avec toi, tellement expérimenté sur un certain plan que tu pourras jamais test. On m'a dit que je suis avec toi par pitié. Et d'ailleurs, l'argument principal en ta faveur quand tu m'as demandé de sortir avec toi, c'est parce que la veille tu m'avais payé le restaurant. Je ne t'aime pas plus que ça et je n'ai même pas envie de t'embrasser quand je te vois. Alors ne parlons même pas du reste. Tu es sympa mais c'est tout. Et toc."

2) Je pouvais lui cacher une partie de cette vérité déshabillée, et puis même baratiner un tantinet. "Ecoute, b, je couchais déjà avec un mec quand je t'ai dit oui. Mais, tu sais, je pensais que je pouvais peut-être passer à autre chose avec toi. Malheureusement ça n'a pas été le cas. Je suis désolée. Et toc."

3) Je pouvais le baratiner plus franchement. "Ecoute, b, je t'ai trouvé sympa et tu m'as très gentiment payé ma pizza quand on est allé au restaurant. Tu sais, je me suis dit que ça pouvait être sympa de sortir avec toi, sans trop se prendre la tête. Mais tu sais, je suis compliquée comme fille, parfois je me comprends plus moi-même, et puis on ne s'est pas vu beaucoup pendant cette semaine. Je ne veux pas te faire de mal, tu sais, alors il vaut mieux s'arrêter là avant que ça ne devienne sérieux. Tu sais, tu es quelqu'un de formidable et je ne doute pas que tu rencontres une fille qui te mérite plus que moi, tu sais. Et pas toc."

4) Je pouvais ne plus répondre à ses textos, établir un véritable silence radio des plus parlants puisqu'il sait que je suis accro à mon téléphone et à mes textos gratuits illimités. Ainsi je dévoile mon caractère un poil inconvenant qui lui empêche de me regretter.

Mais voilà, vous ne me connaissez pas encore très bien mais vous vous renderez rapidement compte que je ne veux que le meilleur, la crème de la crème, le pot de Nutella parmi toutes ses imitations, l'escarpin André à la Halle aux chaussures.

Aussi, hier soir, à table, en plein repas gastronomique à base de spaghetti, crème fraîche, petits lardons et fromage râpé à même la casserole, ai-je eu ce flash qui m'a permise de retrouver ma liberté et mon intégrité quelque peu malmenée ces derniers jours. Un petit mensonge, très léger et interprétable à souhait, allait me permettre de clore cette affaire.

Quoi de plus simple que de prétexter avoir revu son ex et ne plus savoir où en est la situation? Quoi de plus logique qu'être perdue après le déferlement de tant de souvenirs?

Sauf que bien sûr je n'ai pas revu d'ex. J'ai juste pensé un tantinet à a.

Brefou, un texto fut rédigé sur mon fantastique téléphone rose et noir et un de mes amis se chargea d'appuyer sur le bouton envoyer à ma place. Histoire de ne pas que je culpabilise trop.

Mais quand même.

Une semaine, c'est pas long.

C'est pas comme si je lui avais brisé le coeur, à la fin.

 

A part ça, je ne comprends pas a. Ca doit être le choc des générations, sans doute. La différence d'âge, probablement. Je ne sais ni ce qu'il attend de moi, ni pour combien de temps il l'attend encore. C'est à la fois intrigant, excitant et effrayant.

Il est temps que la rentrée arrive.

Histoire que je me trouve un gentil étudiant en polo-mocassins que j'aurai envie d'embrasser chaque fois que je le verrai, qui me passera l'envie de séduire qui m'envahit parfois quand je vais en boîte, qui me trouvera jolie et qui m'achetera des croissants le matin.

jeudi, 07 août 2008

vive moi, encore une fois.

Trouver un titre à mes notes a toujours été un véritable calvaire. Sur mes quelques anciens blogs, je finissais parfois par intituler mes articles "...", avec un dédain et un mépris notables. Mais, remarquez-le donc, ces temps glauques sont révolus et mon intellect puissant me permet bien de choisir de belles expressions pour baptiser mes écrits.

Brefou. C'est un mélange de culpabilité, d'ennui et de légère excitation innocente qui me pousse devant mon clavier à cette heure tardive. Oui, oui, heure tardive parce que demain matin je me lève à huit heures et que mes deux ou trois mois de vacances (relatives, bien entendu, qui dit étudiante occupée dit examens ratés et seconde session) m'ont largement fait perdre tout entraînement. Ah, pensez-vous si votre grand âge vous pousse à jalouser le mien, à vingt ans on récupère facilement. Certes, nous autres étudiants développons une faculté exemplaire à nous coucher à 5h30 du matin pour retourner en cours à 8h (si en première année) ou 10h (si en deuxième année) frais comme des gardons. Mais pour nous, vacances riment avec ... besoin de repos pour récupérer et se préparer pour l'année suivante.

Là vous vous attendiez à une super théorie sur la fatigue étudiante, mais en fait non.

Tout ça pour dire que je m'ennuie, je culpabilise et je n'arrive pas à dormir. L'ennui est un fléau terrible, autant que l'insomnie qui me guette si je tente de fermer les yeux avant minuit ou une heure. La culpabilité qui m'assaillit, en revanche, est un sentiment aussi attirant qu'inquiétant. Pourquoi, demandez-vous, pourquoi culpabiliser? Ma personne, si parfaite, ne peut rien se reprocher, c'est impossible.

Et bien, si.

Aujourd'hui, j'ai été une mauvaise petite amie.

J'ai reçu un texto de mon mec dès ce matin, 10h et quelques, un texto enthousiaste et rafraichissant dans lequel il m'expose son programme pour les deux ou trois jours à venir, en faisant une allusion au fait de se voir un de ces jours, pour jouer aux dames, probablement.

Je précise ici que je sors avec ce garçon depuis samedi, soit cinq jours. Ou vendredi si on compte le moment où je me suis rendue compte qu'il voulait sortir avec moi et que je l'ai précipitamment abandonné mais que la fatigue m'a empêchée de rester près de lui. Globalement, ça ne fait pas encore une semaine, hein. Et je l'ai vu une seule fois depuis que je suis avec lui. Et encore, je l'ai fait venir jusqu'à chez moi pour deux petites heures durant lesquelles on a du s'embrasser trois ou quatre fois. Et au bout de ces deux heures, je l'ai fait partir parce que je devais voir un autre type. Et que, encore pire, cet autre type a eu le culot de ne pas me répondre. Et que de ce fait je ne l'ai même pas vu. Et que j'ai même caressé l'idée de faire revenir mon copain officiel le soir tellement j'étais frustrée de ne pas avoir été au cinéma avec l'autre.

Je crois que je vais leur donner des surnoms, là, maintenant, afin d'éviter toute confusion. Alors A=l'autre homme que je fréquente, et B=le petit copain réel. J'adore donner des noms de code aux mecs, vraiment. J'en ai plein en réserve, des supers originaux comme Fernand, Joseph ou Saturnin, ou des historiques comme Henri IV ou Louis XIII, ou des branchés comme le mec au tee-shirt moulant blanc ou le gars à la coupe mulet.

Donc, pour en revenir à mes moucherons, j'étais bien réveillée quand j'ai reçu le texto mignon de B. Je le lis, tranquille, puis reposai délicatement mon téléphone à côté de moi en songeant qu'il pouvait bien attendre un peu. Après tout, c'est les vacances, je suis étudiante, je ne devrais pas me lever avant midi ou une heure. Je vaquai donc à mes occupations le coeur léger, et le texto fut trop rapidement finalement relégué au fin fond de mes tortueuses pensées.

Pour faire court, j'ai réalisé vers 21h30 ce soir que je n'avais même pas pris deux minutes pour répondre.

Alors que j'ai textos illimités.

Et qu'il le sait.

Ni une, ni deux, j'envoie un texto à B en prétextant une cure de désintoxication au téléphone m'ayant retenue loin de mon merveilleux portable. Puis, parce que je ne suis pas rogue, tout de même, je lui propose une entrevue samedi après-midi. Pas le soir, non, pas demain, non. Juste samedi après-midi, limite j'aurais défini une plage horaire comme entre 14h15 et 15h30.

Vous avouerez que, sans l'être en réalité, je parais un tantinet cavalière.

Surtout que je crois que je lui ai même pas écrit "bisous bisous" à la fin, alors que je le fais pour le reste de mes contacts. Sauf aux divers inconnus qui sont dans mon répertoire, mais ça c'est parce que je ne leur écris pas. Et qu'il le sait.

Oh et puis tant pis. Je lui ai répondu alors que je suis en pleine cure de désintox au portable, c'est un geste courageux qui montre mon attachement à sa personne. Et s'il trouve que ce n'est pas assez, alors tant pis, il n'a qu'à me quitter.

Limite, ça m'arrangerait.

Parce que quand même, je ne peux pas prétexter des prétextes nuls chaque fois pour éviter de le voir. Bigre, je suis supposée sortir avec lui, en pratique! Notre relation devrait être fusionnelle et merveilleuse. Je devrais me languir de lui en son absence et lui envoyer sans cesse des textos gratuits par peur qu'il en trouve une autre, pas établir des plans machiavéliques pour le quitter à la rentrée ou lui faire rencontrer une fille qui l'intéresserait et pour laquelle il me plaquerait.

Ah, si seulement tout était plus facile, un peu à la manière d'Hélène et les garçons ou Premiers baisers. C'est sûr que eux aussi vivent des drames et ont une vie parfois très confuse ; mais ils n'avaient pas de téléphone portable à l'époque, et sûrement pas de textos illimités ou d'appels gratuits vers orange et fixes le weekend. Je me verrais bien dans le rôle de Justine dans Premiers baisers, en fait, parce que Jérôme est plutôt mignon et que je la trouve jolie.