samedi, 06 septembre 2008

parfois, femme ne varie pas

Note commencée le 6 sept à 01:00 environ, qui ne put malheureusement être achevée dans la même nuit.

 

Mes dernières vingt-quatre heures ont été d'une rare intensité, même pour un clubbeuse à la beauté fatale comme je le suis.

Mon esprit s'emmêle, d'une fatigue épouvantable et d'une incroyable lassitude. Mes idées restent claires sans que je ne puisse trouver les mots pour les formuler logiquement. J'ai envie de raconter ce qui s'est passé dans ma vie ces derniers jours, mais j'ai peur. Peur de quoi? me demandez-vous, agacé et impatient d'en savoir plus sur mes salaces tribulations. Et bien, peur que la torpeur dans laquelle je suis plongée en ce moment ne s'évanouisse, et que je me retrouve confrontée à la dure réalité. Je vous l'avoue volontiers, j'ai fait n'importe quoi et même encore pire. Et je ne veux pas m'en rendre compte, pour l'instant.

Petit retour en arrière. Jeudi, tard dans la nuit, je m'en allai retrouver deux amies du lycée avec qui soirée boite était prévue. Une bouteille de coca mélangée à de la tequila tenta de nous attaquer et nous dûmes nous sacrifier pour sauver nos peaux: le nectar fut bu avec une insolente rapidité et quelques cookies vinrent se mêler à l'alcool dans nos estomacs respectifs.

Puis, le temps passa, et nous nous retrouvâmes bientôt sur la piste de danse de ma boite du moment, celle où il y a encore deux ou trois mois je n'aurais pas mis les pieds sans avoir été payée pour. Vous me connaissez, je ne suis pas cavalière, aussi ne pus-je repousser les avances d'un charmant garçon rencontré par l'intermédiaire de son meilleur pote venu draguer mon amie et moi-même. C'est là que de longs et langoureux baisers scellèrent notre attirance mutuelle, avant que mon nouvel ami ne doive repartir.

A cet instant précis, mon esprit se figea littéralement. Je vis a.

Oui, a. Toujours le même a.

Mais je vous avouerai tout, c'était presque prévu que je le voie en boite ce soir-là. Parce que je lui avais dit que j'avais compris qu'il s'en fichait de moi et que ça m'était égal, et puis que je lui avais renvoyé un texto digne de la plus faible des femmes dans un instant d'égarement, et enfin qu'il m'avait appelée pour tirer la situation au clair.

Brefou, a était là. Et sans doute même que a m'a vue avec ce garçon en train de nous embrasser.

Quelques rapides baisers montrèrent à ce brave homme que j'étais ravie de le revoir, avant qu'il ne s'en aille dans un lieu inconnu dans un but inconnu pour une raison inconnue. A cet instant, mes amies et moi-même rencontrâmes un autre garçon fort sympathique qui nous accompagna hors de la boite.

Et c'est devant la pancarte un peu défraichie nommant la discothèque, que nous rencontrâmes deux garçons. Pour plus de clarté dans mon récit, l'un d'eux sera surnommé Poney (euh c'est son vrai surnom, en fait), l'autre Erwan. Brefou, Poney, Erwan, mes deux amies et moi prîmes le chemin de mon appartement, et malgré moi j'acceptai de recevoir les deux mâles chez moi pour qu'ils puissent manger des Weetabix, selon les incessantes réclamations d'Erwan.

Je précise que c'était par pure bonté de coeur. Aucune pensée coquine ne m'était venue à l'esprit. Vraiment.

Finalement, Erwan et moi nous rapprochâmes à cause des multiples taquineries dont il me fit l'honneur d'être l'héroïne, et bientôt nos lèvres se rencontrèrent, dans un contexte dont il m'est impossible de me souvenir. La boisson avait eu raison des limites imposées par ma morale (et m'avait presque fait oublier que quelques temps auparavant j'embrassais deux autres mecs...), et je ne pouvais décemment repousser les avances de mon nouvel ami.

Nous arrivâmes enfin à destination, sous une pluie rafraichissante, et je faillis me tromper de code d'interphone. Parce que justement, il n'y a pas d'interphone chez moi, juste un code à composer. Et que régulièrement, c'est mon code de carte bleue qui s'impose à mon esprit au moment M.

Et là...

Là la suite devrait être censurée pour ce qui est des moments passés avec Erwan dans mon petit lit une place.

Vous me connaissez, je reste un peu prude, quand même.

Mais la suite de la suite vous sera peut-être narrée. Bientôt. Style, demain si je m'ennuie.

samedi, 30 août 2008

où l'on se rend compte de mon désoeuvrement total

Hier, j'ai eu un rencart amoureux avec un mec super beau.

Nan, évidemment, aucune situation aussi excitante ne se présente dans ma vie de pauvre vacancière sans le sou.

En fait, j'avais simplement un rendez-vous à la banque.

Intéressant, vous me direz.

Mais je vais vous le dire franchement, ce qui était intéressant, c'était le physique extrêmement avantageux de mon banquier.

Un beau brun, bronzé et divivement vêtu d'un costard on-ne-peut-plus-sexy, avec un sourire adorable et un métier fort convenable. Qui aurait cru tomber sur un pareil mannequin dans une petite agence de petite ville de campagne? Sûrement pas moi. Limite j'aurais cru avoir affaire à un jeune stagiaire exploité qui rangerait le bureau de son supérieur hiérarchique.

Bon, c'est vrai que j'ai toujours un peu craqué pour les hommes bien habillés, ceux qui portent un complet bien taillé (dans mes rêves les plus fous, à délicates rayures grises). Donc bien sûr, j'étais déjà à moitié ralliée à sa noble cause.

Alors quand en plus il m'a démontré, vite fait mais démontré tout de même, son humour, que pouvais-je faire? Une résistance inutile? Me voiler la face et tout bonnement refuser l'attirance que j'épouvrais à son égard?

Si ma vie était un film, je lui aurais plu aussi et il m'aurait invité au restaurant avec une moue charmante. Mais ma vie n'est pas un film, et je suis repartie en lui serrant la main à mon départ de l'agence.

A part ça, j'ai regardé Secret Story ce soir, et c'est nul.

Si l'on excepte le physique extrêmement avantageux de Cyril, seule raison valable de mon visionnage parfois étrangement régulier.

Ah, vous exclamez-vous, ceci explique donc le titre de cette note merveilleuse.

Et bien oui.

Voilà.

Ma vie est un désoeuvrement total, un ennui quasi mortel, une succession de jours et de nuits qui hélas se ressemblent bigrement.

Surtout que j'aurais du voir a.

Oui, a. Toujours le même, qui m'exaspère à ignorer mes textos la plupart du temps puis réapparaît avec un petit texto du genre "je t'ap la sem proch, je t'embrasse" qui forcément nous réconcilie (enfin, me réconcilie avec lui, puisque je ne lui ai jamais reproché directement son indifférence). Les circonstances de ces derniers jours, sont des textos où il me dit qu'il a hâte de me revoir (et un autre détail que je n'oserai partager avec vous, par pruderie excessive sans doute), puis un silence radio depuis mercredi après-midi.

A, que je ne comprendrai sans doute jamais. Et avec qui je n'ai aucune relation (autre que sexuelle, à vrai dire). Et qui se fiche royalement de moi. Et qui m'énerve la plupart du temps. Et pour qui je craque dès que je le vois.

Enfin, ce dernier point n'est pas si sûr, vu que l'on ne s'est pas vu souvent. Mais toujours est-il qu'il m'attire terriblement et que je suis réellement trop faible devant un mec qui me plaît. Même s'il me plaît pas trop, d'ailleurs.

Mais je compte sur ma petite soirée de demain soir, les vingt ans d'une amie, pour me changer les idées en buvant et oublier un peu le vide sidéral de ma vie romantique en buvant. Et puis, peut-être même que dimanche matin j'appelerai a afin de lui proposer de se voir lui reprocher de se ficher de moi comme de son premier cartable.

Parlant de cartable, je change de fac à la rentrée.

Une rentrée qui en outre aura lieu le 22 septembre, soit plus tard que les autres étudiants de ma villle: un détail qui me transporte de joie, associé à la perspective d'avoir enfin des vacances à la Toussaint.

Cette année, la rentrée me sera difficile.

Parce que je serai en chevauchement dans une nouvelle fac. Dans laquelle je ne connais personne et dans une classe de 55 maximum.

Et oui, c'est ça de décider de plaquer la fac de droit de sa ville pour gagner l'institut catholique du coin.

Oh, ce n'est pas par conviction religieuse, ni même par envie de changement. Juste par calcul froid et logique, afin de pouvoir valider ma licence 2 sans top de problèmes. Evidemment, changer de cadre m'excite tout autant que ça m'inquiète... La peur de ne pas me faire d'amis se mêle à l'allégresse de me sentir à nouveau motivée pour mes études.

Parce qu'on a souvent tendance à l'oublier, et vous les premiers, j'en suis certaine, mais il n'y a pas que les garçons, les chaussures et le chocolat dans la vie. Il y a les études.

Enfin, surtout quand on est étudiant, vous êtes d'accord avec moi.

Mais brefou, il est temps pour moi de reprendre mes études en main, et de cesser la vie de débauche que je mène depuis quelques temps.

jeudi, 21 août 2008

où l'on se prosterne devant mon retour

Et oui, et oui, ne dites pas le contraire. Je le sais, que je vous ai manqué.

Mais aujourd'hui, je suis de retour.

J'avoue que je vous ai lâchés un peu effrontément, en me contentant d'un silence radio des plus parlants qui pourrait insinuer que finalement, le blog, c'est pas mon truc, que ma vie est tellement intéressante que je me dois de la vivre à cent à l'heure sans me soucier de l'étaler sous le nez de badauds curieux et jaloux, blah blah blah.

Mais non. Il n'en est rien. Je suis là, là, là, et mes amis, je sais que vous en êtes heureux et soulagés.

Après tout, je suis celle que vous attendiez.

Et je ne suis pas rogue mais je ne me confondrai pas en excuses pour autant dans le but idiot et futile de me faire pardonner ma personnalité légèrement hardie dans les moments difficiles. Certes, je suis partie sans explications, mais je suis revenue.

Là, vous réalisez votre bonheur de me relire à nouveau.

En outre, mon absence n'aura pas été vaine.

Ma semaine a été riche en émotions, en shopping et en chocolat.

En chocolat, surtout.

Et en shopping, véritablement.

En émotions, un peu moins. Sauf évidemment lors des achats de mes cinq nouvelles paires de chaussures, de ma visite de Berne, de l'instant où, dans cette dernière ville merveilleuse, j'ai vu puis suivi un splendide militaire blond, ou encore du moment où j'ai réalisé que j'avais pris trois kilos liés uniquement au chocolat que j'ai avalé sans relâche.

Remarquez, dit comme ça, je me demande parfois comment je peux encore être assaillie d'émotions à l'achat de nouvelles chaussures. Après tout, je dois bien en posséder une cinquantaine et tout humain normalement constitué n'en aurait pas autant, se lasserait, songerait à arrêter là les frais. Cependant, vous l'avez bien compris, je ne suis pas comme tout le monde. Pareil aux dieux des temps anciens au nom desquels on sacrifiait des êtres sans défense, il me faut sans cesse de nouvelles chaussures sur mon autel. Je cherche, cherche, cherche la chaussure parfaite, au talon divinement sculpté et à l'attache merveilleusement élégante. Et j'en trouve, croyez-moi. Comme ces richelieux, payés certes un peu chers mais qui me tiendront quelques hivers. Ou alors ces bottes, en soldes, qui me suppliaient de les délivrer de leur solitude. Ou encore ces sandales noires à demi compensées, soldées également, qui n'attendaient que moi pour rayonner.

Mais je cesserai ici toute tentative stérile de me justifier. Je dois reconnaître que je suis excessive, un peu trop spontanée. Si j'avais de l'argent, je n'hésiterais pas un seul instant à claquer plusieurs centaines d'euros dans un sac qui me plairait mais que je n'utiliserais que cinq ou six fois dans l'année. Ou dans une paire d'escarpins de soirée qui me serait aussi utile qu'un trench Burberry au milieu du Sahara. C'est quand l'envie irrésistible d'acheter me prend et me force à dépenser coûte que coûte de l'agent, que je remercie le destin de m'empêcher de posséder une fortune. Je serais le genre de personne qu'on déteste, à dilapider ses sous en achats superflus au lieu de les utiliser sagement pour des oeuvres caritatives.

Chaque génie a un mauvais côté. Le mien, enfin les miens, c'est cette envie ensorcelante d'acheter. Je suis un pur produit de cette société de consommation qu'il est bien vu de critiquer, ces temps-ci.

Moi, la société de consommation, je vous le dis tout de suite, j'adore. Tant qu'il y a des chaussures et des sacs dans le lot. Et de la nourriture américaine, aussi.

Nan, je ne vais pas me la jouer politique. C'était juste pour taquiner les quelques antimondialistes qui pourraient tomber sur cette page par un hasard surprenant. Je suis mutine, comme fille.

Brefou, cette semaine, j'ai acheté, acheté, acheté sans compter, des chaussures, une robe, une chemise, mais aussi des kinder bueno, des plaques de chocolat de la Migros, de la Coop, de Magro (enfin Casino maintenant, depuis que les français ont littéralement envahi ma belle petite région des montagnes), un sac à commissions aussi (avec un adorable petit animal ressemblant plus ou moins à un lapin dessus) et puis un sac verni, des herbes à salade pour ma maman et de l'aromat parce qu'en France on n'en trouve pas. J'ai même acheté un cake financier à mon papa en plus de ses plaques de 99% (99% de cacao, bien sûr, quoi d'autre?), et aussi du faux nutella bicolore pour mon petit frère.

Et puis, j'ai regardé presque l'intégralité de la saison 1 d'Ugly Betty qui m'a bien fait rire.

Oh, et lundi, j'ai rencontré un garçon dans un train, c'était marrant.

Sauf que je n'ai pas encore de nouvelles de lui.

Ce qui n'est pas marrant.

En revanche, j'ai eu des nouvelles de a.

Enfin, nouvelles, tout est relatif.

Un texto répondant à mon propre SMS joyeux et optimiste, se contentant de me balancer qu'il m'appelera la semaine prochaine.

Il aurait pu dire lundi, ou mardi, ou ce week-end. Mais non, la semaine prochaine. Et me connaissant, je vais passer mes journées à attendre son appel qui ne viendra pas, remplacé par un rapide texto statuant qu'il est fatigué et qu'il me rappelera plus tard. J'ai comme l'impression que je me fais totalement, mais alors véritablement duper. Et que malgré ma connaissance de la situation, je ne fais rien pour l'empêcher.

D'ailleurs, j'ai la sensation de passer ma vie à attendre des appels. Comme ce soir, où un ami devait me rappeler, chose qu'il n'est pas en train de faire auquel cas je serais au téléphone et non devant mon ordinateur à me morfondre et raconter stupidement ma semaine palpitante en Suisse. Bigre, suis-je aussi facile à oublier? Ou suis-je aussi égocentrique, à ne pas comprendre pourquoi on ne fait pas attention à moi?

dimanche, 10 août 2008

exemple-type d'une relation impossible

Aujourd'hui, mon coeur s'est légèrement ébréché.

Il faut croire que jeunesse implique naïveté, et la naïveté est un bien triste défaut lorsqu'il s'agit de relations.

De relations, point. Il ne sera aucunement question de relations amoureuses ici, je le précise d'avance avant d'éviter toute déconvenue.

Même si la situation n'a jamais été claire entre nous.

Entre a et moi, je veux dire.

Brefou, je ne me sens pas très bien sur le plan émotionel, aujourd'hui. Comment cela, vous alarmez-vous, pourquoi? Et bien figurez-vous que mon romantisme, mon impétueuse passion pour la vie, ma fougue candide m'ont encore joué un tour.

Inconsciemment, je place un espoir insensé en chaque représentant du sexe masculin que je fréquente de près. A tous les coups, je me dis que celui-ci annihilera ma rancoeur naissante contre les mecs. Et pour a, c'est la même chose. Au début, quand je l'ai rencontré, je savais que ce ne serait qu'une histoire sans lendemain. Finalement, lendemain il y a eu, puis une deuxième entrevue la semaine passée. Et j'avoue que je m'y suis presque déjà habituée.

C'était sans compter le caractère mesquin et détestable de l'homme lambda.

Nan, je rigole. Je ne vais pas me la jouer féministe. Mais je vais tout de même constater que les mecs et les filles, quand même, c'est fichtrement différent. Et que je ne comprendrai probablement jamais l'esprit viril de ceux qui m'attirent.

Cela fait depuis mardi que je n'ai pratiquement pas eu de ses nouvelles. Et pourtant, lundi soir, tout s'était bien déroulé. A me repasser le film de la soirée, nous avions agréablement bavardé de choses et d'autres avant de venir chez moi où ça avait été remarquablement plaisant. Les croissants et pains au chocolat m'avaient satisfaites et il était parti suffisamment tard pour ne pas faire le type qui s'en va dès qu'il n'y a plus d'opportunité sexuelle.

Alors pourquoi ne pas me tenir au courant de ses déplacements, pourquoi ne pas me dire s'il veut me voir ou pas, pourquoi ne pas me répondre rapidement quand je lui envoie un texto? Surtout que même si ceux-ci sont illimités pour moi, je ne lui ai écris que deux textos dans la semaine qui vient de s'écouler. Il est hors de question que je le harcèle, que je lui prenne la tête, que je spame sa boite de réception.

Je sais que la situation insinue que a se fiche royalement de moi comme de son premier cartable. Que je ne suis qu'une fille pareille à tant d'autres, une jeunette qu'il peut remplacer comme bon lui semble. Mais je refuse d'admettre ce fait. Ne serait-ce pas facile pour un homme comme lui de me faire comprendre clairement qu'il ne veut plus me voir, plutôt que simplement m'ignorer par texto?

Oh, s'il vous plaît.

J'ai envie de garder espoir, enfin de garder mon PCF.

Je lui ai déjà demandé s'il ne voulait plus me voir, il m'a juste répondu qu'il était à Paris. Qu'en déduire? Qu'il voudrait me revoir mais qu'il est à Paris? Ou qu'il ne veut plus me voir mais qu'il n'a pas le courage de me le dire simplement, alors que je lui tends une véritable perche? Il lui suffirait de m'écrire "on ne se verra plus" au lieu de me laisser un espoir malheureux.

J'aimerais comprendre sa psychologie. Après tout, la situation est simple. Il veut me voir ou il ne veut pas me voir.

Et pour le moment, il ne veut pas me voir.

J'ai le chic pour m'attacher à ceux pour qui je ne devrais même pas craquer.

Ce n'est pas le premier, c'est sûr. Ce ne sera sans doute pas le dernier.

Mais en attendant, cela m'aurait bien plu de bénéficier d'un peu plus de franchise.

Je suis souvent parano, peut-être, sauf que là je ne peux plus me voiler la face et espérer un rendez-vous qu'il ne me donnera jamais.

Il y a vraiment des moments où un miracle serait le bienvenu.

samedi, 09 août 2008

petit mensonge et soulagement intense

Hier soir, j'ai largué b.

Oui ce détail de ma vie semble surprenant. Moi, la fille qui ne largue plus, jamais, traumatisée par le virement de bord de son premier petit ami qu'elle a osé quitté des années auparavant. Moi, la fille pas rogue pour un sou et plutôt affable au quotidien. Un brin cavalière dans les situations extrêmes, certes, mais généralement complaisante. Moi, la fille qui n'ose même pas dire à sa colocataire qu'elle ne supporte plus de devoir sans cesse défaire les boites en carton de biscuits Gerblé qu'elle jette sans états d'âme encore pliées dans la poubelle recyclage.

Et par texto, qui plus est.

Mais, demandez-vous avec empressement et admiration, comment ai-je pu avoir ce courage, cette bravoure insensée? Comment ai-je réussi à défier de la sorte tous mes principes? Comment ai-je pu m'enhardir au point de liquider ma relation naissante avec b par l'envoi dun simple texto gratuit?

La réponse est toute simple. On m'y a poussée.

Oui, j'ai été forcée de le faire. Par le destin. Par la fatalité. Par mon impatience de le quitter et le refus d'attendre jusqu'à la rentrée pour le faire. Et par mes amis, aussi.

Après avoir passé le repas à discuter de la manière dont ma relation avec a n'évoluerait pas et celle dont mon couple avec b était insignifiant, j'ai eu un éclair de génie. Un véritable flash, et si ma biographie est un jour transcrite en bande dessinée ou en dessin animé, ce serait typiquement le jour d'instant où une ampoule apparaîtrait au-dessus de ma tête.

L'excuse de la rupture j'avais trouvé.

Oui, oui.

Parce que bon, hein, on est entre nous alors j'avoue que la raison nodale m'interdisant de déjà le larguer comme un malpropre, c'était l'absence d'un motif expliquant pourquoi tout était fini entre nous. Quelques idées diverses et variées m'étaient apparues, évidemment, avant qu'une perspective plus réjouissante ne migre dans mon puissant intellect:

1) Je pouvais lui dire la vérité toute nue. "Ecoute, b, je fréquentais déjà un mec quand j'ai accepté de sortir avec toi, tellement expérimenté sur un certain plan que tu pourras jamais test. On m'a dit que je suis avec toi par pitié. Et d'ailleurs, l'argument principal en ta faveur quand tu m'as demandé de sortir avec toi, c'est parce que la veille tu m'avais payé le restaurant. Je ne t'aime pas plus que ça et je n'ai même pas envie de t'embrasser quand je te vois. Alors ne parlons même pas du reste. Tu es sympa mais c'est tout. Et toc."

2) Je pouvais lui cacher une partie de cette vérité déshabillée, et puis même baratiner un tantinet. "Ecoute, b, je couchais déjà avec un mec quand je t'ai dit oui. Mais, tu sais, je pensais que je pouvais peut-être passer à autre chose avec toi. Malheureusement ça n'a pas été le cas. Je suis désolée. Et toc."

3) Je pouvais le baratiner plus franchement. "Ecoute, b, je t'ai trouvé sympa et tu m'as très gentiment payé ma pizza quand on est allé au restaurant. Tu sais, je me suis dit que ça pouvait être sympa de sortir avec toi, sans trop se prendre la tête. Mais tu sais, je suis compliquée comme fille, parfois je me comprends plus moi-même, et puis on ne s'est pas vu beaucoup pendant cette semaine. Je ne veux pas te faire de mal, tu sais, alors il vaut mieux s'arrêter là avant que ça ne devienne sérieux. Tu sais, tu es quelqu'un de formidable et je ne doute pas que tu rencontres une fille qui te mérite plus que moi, tu sais. Et pas toc."

4) Je pouvais ne plus répondre à ses textos, établir un véritable silence radio des plus parlants puisqu'il sait que je suis accro à mon téléphone et à mes textos gratuits illimités. Ainsi je dévoile mon caractère un poil inconvenant qui lui empêche de me regretter.

Mais voilà, vous ne me connaissez pas encore très bien mais vous vous renderez rapidement compte que je ne veux que le meilleur, la crème de la crème, le pot de Nutella parmi toutes ses imitations, l'escarpin André à la Halle aux chaussures.

Aussi, hier soir, à table, en plein repas gastronomique à base de spaghetti, crème fraîche, petits lardons et fromage râpé à même la casserole, ai-je eu ce flash qui m'a permise de retrouver ma liberté et mon intégrité quelque peu malmenée ces derniers jours. Un petit mensonge, très léger et interprétable à souhait, allait me permettre de clore cette affaire.

Quoi de plus simple que de prétexter avoir revu son ex et ne plus savoir où en est la situation? Quoi de plus logique qu'être perdue après le déferlement de tant de souvenirs?

Sauf que bien sûr je n'ai pas revu d'ex. J'ai juste pensé un tantinet à a.

Brefou, un texto fut rédigé sur mon fantastique téléphone rose et noir et un de mes amis se chargea d'appuyer sur le bouton envoyer à ma place. Histoire de ne pas que je culpabilise trop.

Mais quand même.

Une semaine, c'est pas long.

C'est pas comme si je lui avais brisé le coeur, à la fin.

 

A part ça, je ne comprends pas a. Ca doit être le choc des générations, sans doute. La différence d'âge, probablement. Je ne sais ni ce qu'il attend de moi, ni pour combien de temps il l'attend encore. C'est à la fois intrigant, excitant et effrayant.

Il est temps que la rentrée arrive.

Histoire que je me trouve un gentil étudiant en polo-mocassins que j'aurai envie d'embrasser chaque fois que je le verrai, qui me passera l'envie de séduire qui m'envahit parfois quand je vais en boîte, qui me trouvera jolie et qui m'achetera des croissants le matin.

jeudi, 07 août 2008

vive moi, encore une fois.

Trouver un titre à mes notes a toujours été un véritable calvaire. Sur mes quelques anciens blogs, je finissais parfois par intituler mes articles "...", avec un dédain et un mépris notables. Mais, remarquez-le donc, ces temps glauques sont révolus et mon intellect puissant me permet bien de choisir de belles expressions pour baptiser mes écrits.

Brefou. C'est un mélange de culpabilité, d'ennui et de légère excitation innocente qui me pousse devant mon clavier à cette heure tardive. Oui, oui, heure tardive parce que demain matin je me lève à huit heures et que mes deux ou trois mois de vacances (relatives, bien entendu, qui dit étudiante occupée dit examens ratés et seconde session) m'ont largement fait perdre tout entraînement. Ah, pensez-vous si votre grand âge vous pousse à jalouser le mien, à vingt ans on récupère facilement. Certes, nous autres étudiants développons une faculté exemplaire à nous coucher à 5h30 du matin pour retourner en cours à 8h (si en première année) ou 10h (si en deuxième année) frais comme des gardons. Mais pour nous, vacances riment avec ... besoin de repos pour récupérer et se préparer pour l'année suivante.

Là vous vous attendiez à une super théorie sur la fatigue étudiante, mais en fait non.

Tout ça pour dire que je m'ennuie, je culpabilise et je n'arrive pas à dormir. L'ennui est un fléau terrible, autant que l'insomnie qui me guette si je tente de fermer les yeux avant minuit ou une heure. La culpabilité qui m'assaillit, en revanche, est un sentiment aussi attirant qu'inquiétant. Pourquoi, demandez-vous, pourquoi culpabiliser? Ma personne, si parfaite, ne peut rien se reprocher, c'est impossible.

Et bien, si.

Aujourd'hui, j'ai été une mauvaise petite amie.

J'ai reçu un texto de mon mec dès ce matin, 10h et quelques, un texto enthousiaste et rafraichissant dans lequel il m'expose son programme pour les deux ou trois jours à venir, en faisant une allusion au fait de se voir un de ces jours, pour jouer aux dames, probablement.

Je précise ici que je sors avec ce garçon depuis samedi, soit cinq jours. Ou vendredi si on compte le moment où je me suis rendue compte qu'il voulait sortir avec moi et que je l'ai précipitamment abandonné mais que la fatigue m'a empêchée de rester près de lui. Globalement, ça ne fait pas encore une semaine, hein. Et je l'ai vu une seule fois depuis que je suis avec lui. Et encore, je l'ai fait venir jusqu'à chez moi pour deux petites heures durant lesquelles on a du s'embrasser trois ou quatre fois. Et au bout de ces deux heures, je l'ai fait partir parce que je devais voir un autre type. Et que, encore pire, cet autre type a eu le culot de ne pas me répondre. Et que de ce fait je ne l'ai même pas vu. Et que j'ai même caressé l'idée de faire revenir mon copain officiel le soir tellement j'étais frustrée de ne pas avoir été au cinéma avec l'autre.

Je crois que je vais leur donner des surnoms, là, maintenant, afin d'éviter toute confusion. Alors A=l'autre homme que je fréquente, et B=le petit copain réel. J'adore donner des noms de code aux mecs, vraiment. J'en ai plein en réserve, des supers originaux comme Fernand, Joseph ou Saturnin, ou des historiques comme Henri IV ou Louis XIII, ou des branchés comme le mec au tee-shirt moulant blanc ou le gars à la coupe mulet.

Donc, pour en revenir à mes moucherons, j'étais bien réveillée quand j'ai reçu le texto mignon de B. Je le lis, tranquille, puis reposai délicatement mon téléphone à côté de moi en songeant qu'il pouvait bien attendre un peu. Après tout, c'est les vacances, je suis étudiante, je ne devrais pas me lever avant midi ou une heure. Je vaquai donc à mes occupations le coeur léger, et le texto fut trop rapidement finalement relégué au fin fond de mes tortueuses pensées.

Pour faire court, j'ai réalisé vers 21h30 ce soir que je n'avais même pas pris deux minutes pour répondre.

Alors que j'ai textos illimités.

Et qu'il le sait.

Ni une, ni deux, j'envoie un texto à B en prétextant une cure de désintoxication au téléphone m'ayant retenue loin de mon merveilleux portable. Puis, parce que je ne suis pas rogue, tout de même, je lui propose une entrevue samedi après-midi. Pas le soir, non, pas demain, non. Juste samedi après-midi, limite j'aurais défini une plage horaire comme entre 14h15 et 15h30.

Vous avouerez que, sans l'être en réalité, je parais un tantinet cavalière.

Surtout que je crois que je lui ai même pas écrit "bisous bisous" à la fin, alors que je le fais pour le reste de mes contacts. Sauf aux divers inconnus qui sont dans mon répertoire, mais ça c'est parce que je ne leur écris pas. Et qu'il le sait.

Oh et puis tant pis. Je lui ai répondu alors que je suis en pleine cure de désintox au portable, c'est un geste courageux qui montre mon attachement à sa personne. Et s'il trouve que ce n'est pas assez, alors tant pis, il n'a qu'à me quitter.

Limite, ça m'arrangerait.

Parce que quand même, je ne peux pas prétexter des prétextes nuls chaque fois pour éviter de le voir. Bigre, je suis supposée sortir avec lui, en pratique! Notre relation devrait être fusionnelle et merveilleuse. Je devrais me languir de lui en son absence et lui envoyer sans cesse des textos gratuits par peur qu'il en trouve une autre, pas établir des plans machiavéliques pour le quitter à la rentrée ou lui faire rencontrer une fille qui l'intéresserait et pour laquelle il me plaquerait.

Ah, si seulement tout était plus facile, un peu à la manière d'Hélène et les garçons ou Premiers baisers. C'est sûr que eux aussi vivent des drames et ont une vie parfois très confuse ; mais ils n'avaient pas de téléphone portable à l'époque, et sûrement pas de textos illimités ou d'appels gratuits vers orange et fixes le weekend. Je me verrais bien dans le rôle de Justine dans Premiers baisers, en fait, parce que Jérôme est plutôt mignon et que je la trouve jolie.