samedi, 09 août 2008
petit mensonge et soulagement intense
Hier soir, j'ai largué b.
Oui ce détail de ma vie semble surprenant. Moi, la fille qui ne largue plus, jamais, traumatisée par le virement de bord de son premier petit ami qu'elle a osé quitté des années auparavant. Moi, la fille pas rogue pour un sou et plutôt affable au quotidien. Un brin cavalière dans les situations extrêmes, certes, mais généralement complaisante. Moi, la fille qui n'ose même pas dire à sa colocataire qu'elle ne supporte plus de devoir sans cesse défaire les boites en carton de biscuits Gerblé qu'elle jette sans états d'âme encore pliées dans la poubelle recyclage.
Et par texto, qui plus est.
Mais, demandez-vous avec empressement et admiration, comment ai-je pu avoir ce courage, cette bravoure insensée? Comment ai-je réussi à défier de la sorte tous mes principes? Comment ai-je pu m'enhardir au point de liquider ma relation naissante avec b par l'envoi dun simple texto gratuit?
La réponse est toute simple. On m'y a poussée.
Oui, j'ai été forcée de le faire. Par le destin. Par la fatalité. Par mon impatience de le quitter et le refus d'attendre jusqu'à la rentrée pour le faire. Et par mes amis, aussi.
Après avoir passé le repas à discuter de la manière dont ma relation avec a n'évoluerait pas et celle dont mon couple avec b était insignifiant, j'ai eu un éclair de génie. Un véritable flash, et si ma biographie est un jour transcrite en bande dessinée ou en dessin animé, ce serait typiquement le jour d'instant où une ampoule apparaîtrait au-dessus de ma tête.
L'excuse de la rupture j'avais trouvé.
Oui, oui.
Parce que bon, hein, on est entre nous alors j'avoue que la raison nodale m'interdisant de déjà le larguer comme un malpropre, c'était l'absence d'un motif expliquant pourquoi tout était fini entre nous. Quelques idées diverses et variées m'étaient apparues, évidemment, avant qu'une perspective plus réjouissante ne migre dans mon puissant intellect:
1) Je pouvais lui dire la vérité toute nue. "Ecoute, b, je fréquentais déjà un mec quand j'ai accepté de sortir avec toi, tellement expérimenté sur un certain plan que tu pourras jamais test. On m'a dit que je suis avec toi par pitié. Et d'ailleurs, l'argument principal en ta faveur quand tu m'as demandé de sortir avec toi, c'est parce que la veille tu m'avais payé le restaurant. Je ne t'aime pas plus que ça et je n'ai même pas envie de t'embrasser quand je te vois. Alors ne parlons même pas du reste. Tu es sympa mais c'est tout. Et toc."
2) Je pouvais lui cacher une partie de cette vérité déshabillée, et puis même baratiner un tantinet. "Ecoute, b, je couchais déjà avec un mec quand je t'ai dit oui. Mais, tu sais, je pensais que je pouvais peut-être passer à autre chose avec toi. Malheureusement ça n'a pas été le cas. Je suis désolée. Et toc."
3) Je pouvais le baratiner plus franchement. "Ecoute, b, je t'ai trouvé sympa et tu m'as très gentiment payé ma pizza quand on est allé au restaurant. Tu sais, je me suis dit que ça pouvait être sympa de sortir avec toi, sans trop se prendre la tête. Mais tu sais, je suis compliquée comme fille, parfois je me comprends plus moi-même, et puis on ne s'est pas vu beaucoup pendant cette semaine. Je ne veux pas te faire de mal, tu sais, alors il vaut mieux s'arrêter là avant que ça ne devienne sérieux. Tu sais, tu es quelqu'un de formidable et je ne doute pas que tu rencontres une fille qui te mérite plus que moi, tu sais. Et pas toc."
4) Je pouvais ne plus répondre à ses textos, établir un véritable silence radio des plus parlants puisqu'il sait que je suis accro à mon téléphone et à mes textos gratuits illimités. Ainsi je dévoile mon caractère un poil inconvenant qui lui empêche de me regretter.
Mais voilà, vous ne me connaissez pas encore très bien mais vous vous renderez rapidement compte que je ne veux que le meilleur, la crème de la crème, le pot de Nutella parmi toutes ses imitations, l'escarpin André à la Halle aux chaussures.
Aussi, hier soir, à table, en plein repas gastronomique à base de spaghetti, crème fraîche, petits lardons et fromage râpé à même la casserole, ai-je eu ce flash qui m'a permise de retrouver ma liberté et mon intégrité quelque peu malmenée ces derniers jours. Un petit mensonge, très léger et interprétable à souhait, allait me permettre de clore cette affaire.
Quoi de plus simple que de prétexter avoir revu son ex et ne plus savoir où en est la situation? Quoi de plus logique qu'être perdue après le déferlement de tant de souvenirs?
Sauf que bien sûr je n'ai pas revu d'ex. J'ai juste pensé un tantinet à a.
Brefou, un texto fut rédigé sur mon fantastique téléphone rose et noir et un de mes amis se chargea d'appuyer sur le bouton envoyer à ma place. Histoire de ne pas que je culpabilise trop.
Mais quand même.
Une semaine, c'est pas long.
C'est pas comme si je lui avais brisé le coeur, à la fin.
A part ça, je ne comprends pas a. Ca doit être le choc des générations, sans doute. La différence d'âge, probablement. Je ne sais ni ce qu'il attend de moi, ni pour combien de temps il l'attend encore. C'est à la fois intrigant, excitant et effrayant.
Il est temps que la rentrée arrive.
Histoire que je me trouve un gentil étudiant en polo-mocassins que j'aurai envie d'embrasser chaque fois que je le verrai, qui me passera l'envie de séduire qui m'envahit parfois quand je vais en boîte, qui me trouvera jolie et qui m'achetera des croissants le matin.
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vendredi, 08 août 2008
suis-je au bord du précipice?
Aujourd'hui, le désespoir me guette.
Je suis seule, presque misérable, avec pour seule compagnie les nouvelles filles d'à côté et un bol de rice crispies au cacao.
B ne m'a pas répondu. A non plus, alors que je lui ai envoyé un texto il y a bien trois heures. Edit de 10 minutes plus tard: B m'a en fait répondu, semble ravi que je lui ai dégagé un moment samedi après-midi et me propose même de manger chez lui demain. Je ne suis pas cavalière, non, mais je m'apprête à refuser.
Mon existence morne et sans éclat a besoin de retrouver un peu de vitalité, de tonus. De joie, j'ai presque envie de dire.
La perspective de ma soirée est en revanche plus réjouissante que mes quelques prochaines heures. Quelques amis triés sur le volet ont été invités et une bouteille de faux Soho a été achetée, en attendant d'autres délicieux nectars. Peut-être même que le destin nous amènera jusqu'à ma boîte de nuit favorite du moment, celle où il y a peu je refusais de mettre les pieds mais que j'encense aujourd'hui comme un nouveau paradis. Il faut dire que mes dernières soirées là-bas se sont avérées riches en émotions et en garçons et, comme toute jeune fille un peu sensible, c'est toujours bon pour le moral de s'amuser comme une petite folle sans réfléchir aux conséquences de ses actes inconscients.
Mais avant le beau temps, la pluie. Je m'ennuie, surtout depuis que j'ai préféré le journal de treize heures à cette fabuleuse chaîne qu'est AB1. On me parle de cet accident avec l'orage et les petites filles dans la tente, on me parle des J.O. de Pékin, on me parle même de la bourse. Parfois j'ai envie de parler actualités et politique comme une adulte responsable, mais est-ce vraiment le rôle d'une jeune blonde sur un blog comme le mien? Un jour, j'aurai le courage de braver les préjugés et je me lancerai dans une audacieuse philippique contre le gouvernement ou les gens qui nous percutent dans la rue sans s'excuser.
Je sais que je suis un peu hardie, de me plaindre ainsi sans raisons recevables, certes. Mais je ne suis pas rogue, et je vous autorise, mes braves, à vous plaindre comme moi, ou même à vous plaindre sur le fait que je sois en train de me plaindre, ou encore vous plaindre de la possibilité de se plaindre parce que je me plains, etc. Brefou (expression copyrightée, s'il vous plaît, je peux me montrer impétueuse en cas d'utilisation abusive de ce mot), tout ça pour dire que je suis consciente de mon effronterie et que, mieux, j'en tire une certaine fierté. Je suis là où les gens ne m'attendent pas.
Parce que personne ne m'attend jamais.
Nan, je badine, bien sûr que des gens m'attendent. Parfois, quand je cours dans la rue pour attraper un bus, le chauffeur m'attend. Parfois, quand j'entre dans un amphi après un garçon galant en polo-mocassins, celui-ci m'attend pour me tenir la porte. Parfois, quand j'ai rendez-vous et que je mets du temps à me préparer, mes amis m'attendent. J'aurais peut-être du dire souvent, voire très souvent, il est vrai que dans ma définition de femme du monde, celle-ci aspire à se faire désirer. Une femme du monde n'est jamais en retard, non, elle se fait désirer juste ce qu'il faut pour exciter l'impatience de ses camarades.
Quand ma mauvaise foi s'esbigne ponctuellement, je reconnais que je suis en retard et j'avoue que j'ai avancé toutes mes heures de cinq minutes dans l'espoir insensé que je sois à l'heure un peu plus souvent. Peine perdue, je suis femme du monde dans l'âme. Chassez le naturel, il revient au galop. Mais j'en suis pas cavalière pour autant, dites-le vous bien.
Mais pourquoi, interrogez-vous avec curiosité et agacement, pourquoi désespérer lorsque son existence est aussi excitante que la perspective de faire un tour du monde bercée par les vagues en bronzant sur le pont d'un yacht appartenant à un milliardaire beau, musclé, bronzé et jeune?
Parce que vous savez que lorsqu'on mène une existence vraiment excitante, il n'en faut pas moins quelques passages à vide pour réaliser que son existence est réellement excitante.
Ce midi, que dis-je, ce début d'après-midi, est un de ces passages à vide.
Un de ceux où vous regardez vos quarante paires de chaussures dans le blanc des yeux, et vous leur annoncez haut et fort qu'il vous manque sans doute une paire de jolis souliers pour sortir, ou pour marcher vite sur les pavés du centre-ville de votre merveilleuse commune, ou pour bronzer dans l'herbe en vacances. Traduction: quelques dizaines d'euros vont bientôt se calter de votre porte-monnaie. Vraie traduction: vous parlez à vos chaussures, dois-je ajouter quelque chose à ce constat?
Ou un de ceux où vous sentez les larmes vous monter aux yeux comme de la moutarde, parce que vous n'arrivez plus à mettre la main sur le disque-dur externe de votre colocataire qui contient, ô bonheur et joie, les 6 saisons de S&TC tout comme les 3 et demi de Dr House. La colocataire, elle, est en villégiature à l'autre bout de la France (ou deux heures de voiture de chez vous, la question ne se pose pas) et il est hors de question de dépenser un texto gratuit pour se taper la honte en demandant où bigre peut-il bien être.
Ou encore un de ceux où une soudaine envie d'acheter un nouveau shampooing ou après-shampooing vous assaille.
Ou peut-être pas. Le shampooing, c'est peut-être juste mon truc à moi.
Brefou. Un passage à vide où l'essence même de votre quotidien se retrouve questionnée, doutée, voire contestée.
Un moment d'égarement, où vous vous retrouvez finalement à regarder les vacances de l'amour en espérant, vous aussi, avoir des amis aussi fantastiques que Laly ou Nicolas.
Mais là, j'exagère.
S'il vous plaît, quand même.
Mes propres amis sont déjà fantastiques.
Enfin. Un de ces instants troublés qui finalement disparaissent sans problème devant une perspective sympa telle que prendre une douche ou aller faire du shopping.
Même s'il ne s'agit que d'acheter du jus d'orange, dépenser de l'argent reste dépenser de l'argent et me comble de joie.
14:13 Publié dans →tourments de l'existence terrestre← | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : soirée, b, relation, divagations, politique, égarement, amis
jeudi, 07 août 2008
vive moi, encore une fois.
Trouver un titre à mes notes a toujours été un véritable calvaire. Sur mes quelques anciens blogs, je finissais parfois par intituler mes articles "...", avec un dédain et un mépris notables. Mais, remarquez-le donc, ces temps glauques sont révolus et mon intellect puissant me permet bien de choisir de belles expressions pour baptiser mes écrits.
Brefou. C'est un mélange de culpabilité, d'ennui et de légère excitation innocente qui me pousse devant mon clavier à cette heure tardive. Oui, oui, heure tardive parce que demain matin je me lève à huit heures et que mes deux ou trois mois de vacances (relatives, bien entendu, qui dit étudiante occupée dit examens ratés et seconde session) m'ont largement fait perdre tout entraînement. Ah, pensez-vous si votre grand âge vous pousse à jalouser le mien, à vingt ans on récupère facilement. Certes, nous autres étudiants développons une faculté exemplaire à nous coucher à 5h30 du matin pour retourner en cours à 8h (si en première année) ou 10h (si en deuxième année) frais comme des gardons. Mais pour nous, vacances riment avec ... besoin de repos pour récupérer et se préparer pour l'année suivante.
Là vous vous attendiez à une super théorie sur la fatigue étudiante, mais en fait non.
Tout ça pour dire que je m'ennuie, je culpabilise et je n'arrive pas à dormir. L'ennui est un fléau terrible, autant que l'insomnie qui me guette si je tente de fermer les yeux avant minuit ou une heure. La culpabilité qui m'assaillit, en revanche, est un sentiment aussi attirant qu'inquiétant. Pourquoi, demandez-vous, pourquoi culpabiliser? Ma personne, si parfaite, ne peut rien se reprocher, c'est impossible.
Et bien, si.
Aujourd'hui, j'ai été une mauvaise petite amie.
J'ai reçu un texto de mon mec dès ce matin, 10h et quelques, un texto enthousiaste et rafraichissant dans lequel il m'expose son programme pour les deux ou trois jours à venir, en faisant une allusion au fait de se voir un de ces jours, pour jouer aux dames, probablement.
Je précise ici que je sors avec ce garçon depuis samedi, soit cinq jours. Ou vendredi si on compte le moment où je me suis rendue compte qu'il voulait sortir avec moi et que je l'ai précipitamment abandonné mais que la fatigue m'a empêchée de rester près de lui. Globalement, ça ne fait pas encore une semaine, hein. Et je l'ai vu une seule fois depuis que je suis avec lui. Et encore, je l'ai fait venir jusqu'à chez moi pour deux petites heures durant lesquelles on a du s'embrasser trois ou quatre fois. Et au bout de ces deux heures, je l'ai fait partir parce que je devais voir un autre type. Et que, encore pire, cet autre type a eu le culot de ne pas me répondre. Et que de ce fait je ne l'ai même pas vu. Et que j'ai même caressé l'idée de faire revenir mon copain officiel le soir tellement j'étais frustrée de ne pas avoir été au cinéma avec l'autre.
Je crois que je vais leur donner des surnoms, là, maintenant, afin d'éviter toute confusion. Alors A=l'autre homme que je fréquente, et B=le petit copain réel. J'adore donner des noms de code aux mecs, vraiment. J'en ai plein en réserve, des supers originaux comme Fernand, Joseph ou Saturnin, ou des historiques comme Henri IV ou Louis XIII, ou des branchés comme le mec au tee-shirt moulant blanc ou le gars à la coupe mulet.
Donc, pour en revenir à mes moucherons, j'étais bien réveillée quand j'ai reçu le texto mignon de B. Je le lis, tranquille, puis reposai délicatement mon téléphone à côté de moi en songeant qu'il pouvait bien attendre un peu. Après tout, c'est les vacances, je suis étudiante, je ne devrais pas me lever avant midi ou une heure. Je vaquai donc à mes occupations le coeur léger, et le texto fut trop rapidement finalement relégué au fin fond de mes tortueuses pensées.
Pour faire court, j'ai réalisé vers 21h30 ce soir que je n'avais même pas pris deux minutes pour répondre.
Alors que j'ai textos illimités.
Et qu'il le sait.
Ni une, ni deux, j'envoie un texto à B en prétextant une cure de désintoxication au téléphone m'ayant retenue loin de mon merveilleux portable. Puis, parce que je ne suis pas rogue, tout de même, je lui propose une entrevue samedi après-midi. Pas le soir, non, pas demain, non. Juste samedi après-midi, limite j'aurais défini une plage horaire comme entre 14h15 et 15h30.
Vous avouerez que, sans l'être en réalité, je parais un tantinet cavalière.
Surtout que je crois que je lui ai même pas écrit "bisous bisous" à la fin, alors que je le fais pour le reste de mes contacts. Sauf aux divers inconnus qui sont dans mon répertoire, mais ça c'est parce que je ne leur écris pas. Et qu'il le sait.
Oh et puis tant pis. Je lui ai répondu alors que je suis en pleine cure de désintox au portable, c'est un geste courageux qui montre mon attachement à sa personne. Et s'il trouve que ce n'est pas assez, alors tant pis, il n'a qu'à me quitter.
Limite, ça m'arrangerait.
Parce que quand même, je ne peux pas prétexter des prétextes nuls chaque fois pour éviter de le voir. Bigre, je suis supposée sortir avec lui, en pratique! Notre relation devrait être fusionnelle et merveilleuse. Je devrais me languir de lui en son absence et lui envoyer sans cesse des textos gratuits par peur qu'il en trouve une autre, pas établir des plans machiavéliques pour le quitter à la rentrée ou lui faire rencontrer une fille qui l'intéresserait et pour laquelle il me plaquerait.
Ah, si seulement tout était plus facile, un peu à la manière d'Hélène et les garçons ou Premiers baisers. C'est sûr que eux aussi vivent des drames et ont une vie parfois très confuse ; mais ils n'avaient pas de téléphone portable à l'époque, et sûrement pas de textos illimités ou d'appels gratuits vers orange et fixes le weekend. Je me verrais bien dans le rôle de Justine dans Premiers baisers, en fait, parce que Jérôme est plutôt mignon et que je la trouve jolie.
23:40 Publié dans →galantes fantaisies← | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : petit copain, mec, culpabilité, texto, a, b, relation

